Nuisances sonores : pour certains, Fort-de-France est devenu un enfer
Tous les week-ends, des centaines de personnes filent rue Garnier Pagès, rebaptisée rue Colorée, pour faire la fête. Mais certains n’y trouvent pas leur compte : les riverains. Devenue en trois ans un lieu emblématique des nuits foyalaises, l’ambiance de cette rue importune les habitants du quartier, désespérés.
Lieu de détente pour certains, source de stress pour d’autres... L’ambiance hyper festive de la rue Colorée est devenue une situation invivable pour les occupants de la rue Garnier Pagès et des allées voisines.
L’année dernière, une réunion avait été organisée par la mairie de Fort-de-France avec pour objectif de concilier développement économique et culturel de la ville et sérénité des résidents. Un équilibre qui ne semble pas avoir été trouvé, malgré des arrêtés municipaux qui réglementent les nuisances sonores.
A lire aussi : Fêtes de fin d’année : les nuisances sonores, un danger pour les animaux domestiques
Sur le balcon d'un immeuble de la rue parallèle Victor Hugo, c'est comme si on y était. Un tapage infatigable qui accable les résidents du bâtiment, dont Elias Jabbour, qui n'arrive pas à s'habituer au bruit :
On entend un ronronnement de basse. La vitre vibre. L'année dernière, on m'a mis sous anxiolytique. J'étais tellement stressé et jusqu'à maintenant, j'en prends encore occasionnellement.
A lire aussi : Des riverains proches de l’hôtel Diamond Rock montent au créneau en raison de nuisances sonores
Sa sœur, Nathalie, a été contrainte de déménager avec sa fille de huit ans :
Il y avait beaucoup de bruit et ma fille en situation de handicap souffre de migraine. On ne dormait pas beaucoup. Elle se réveillait beaucoup la nuit. C'était compliqué.
Une transformation inattendue
A lire aussi : Trois-Îlets : les habitants du Hameau de la Pagerie saisissent le juge pour des nuisances sonores
Tous ces résidents habitaient déjà le centre-ville Foyalais quand la rue Colorée a été inaugurée.
On n'a pas été consultés pour l'activité de la rue Colorée. On pensait que ça allait apporter un plus pour le centre-ville, mais finalement, c'est une contrainte insupportable. Ça reste quand même ma rue. La rue Garnier-Pagès, ce n’est pas la rue Colorée, c'est après.
Les riverains se plaignent également du Bar Boite de nuit tout proche, qui assure de son côté avoir fait le maximum en installant un sonomètre. À de nombreuses reprises, ils ont interpellé la mairie de Fort-de-France, sans grand succès.
Alain Alfred, conseiller municipal délégué à la sécurité :
Toute autorisation est révocable à partir du moment où les règles ne sont pas respectées. Une fois que les choses sont avérées, que les mises en demeure ont été suffisamment nombreuses, la solution finale, c'est carrément d'interdire. On ne peut pas organiser une ville morte, sous prétexte de tranquillité
A lire aussi : À Sainte-Thérèse, des riverains en colère dénoncent les nuisances dans leur quartier
D'après l'Organisation mondiale de la santé, une exposition chronique au bruit nocturne présente un risque élevé pour la santé.
La mairie de Fort-de-France assure que si les limites de décibels ne sont pas respectées rue Garnier Pagès, les soirées du week-end pourraient être interdites.
En 2022, la commune a été condamnée en appel à verser plus de 4000 euros à une famille habitant cette rue. En cause : son incapacité à réduire les nuisances sonores.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.










