L'exposition « An ba fey » met à l'honneur la mémoire LGBTQIA+ pour le Mois des fiertés

Par 16/06/2026 - 18:38 • Mis à jour le 16/06/2026 - 18:40

Dans le cadre du Mois des fiertés, l’association Kap Caraïbe présente l’exposition « An ba fey » au centre commercial Le Rond-Point à Fort-de-France jusqu'au 21 juin. Dédié aux mémoires LGBTQIA+ de Martinique, l'événement propose également un temps d'échange ce mardi soir (16 juin).

    L'exposition « An ba fey » met à l'honneur la mémoire LGBTQIA+ pour le Mois des fiertés

Mettre à l’honneur les mémoires de la communauté LGBTQIA+ en Martinique, c’est tout l’enjeu de l’exposition “An ba fey”.

Initié par l’association Kap Caraïbe, cette initiative s’inscrit dans le "mois des fiertés" (Pride Month), le mois qui célèbre la diversité des orientations sexuelles et des identités des genres.

Disponible jusqu'au 21 juin

L’exposition, visible jusqu’au 21 juin prochain au deuxième étage du centre commercial le Rond-Point à Fort-de-France, mêle photographie, peinture, collage ou encore poésie.

L'objectif de celle-ci : retracer les parcours individuels et collectifs des personnes concernées sur l’île.

L’association Kap Caraïbe organise ce mardi (16 juin) à 18h30, au même endroit, un “mitan” à l’occasion de cet événement. Au programme : échanges, musique et partage.

Pour Chloé Lasserre, chargée de communication et relations publiques pour l'association, c’est une façon de montrer l’inclusion et l’affirmation de la communauté dans la société :

C'est important que la communauté puisse prendre sa place, puisse exister de façon totalement normale. De plus en plus, on va chercher, on va se renseigner sur nos ancestralités, comment fonctionnaient les sociétés à l'époque, spirituellement, sur plein de domaines. On se rend compte qu'être queer n'a jamais été avant un souci. Au contraire, c'était tout à fait normal. C'était même presque un peu vénéré. Je pense que ça aide aussi la communauté à prendre sa place et à se dire : "J'ai toujours été là, je ne vois pas pourquoi maintenant, je devrais continuer à me cacher. Pour qui, pourquoi ?" Et tout simplement, je pense que ce genre d'initiatives-là permettent à la communauté de se dire : "Si eux se montrent, pourquoi moi, je ne pourrais pas me montrer ? Pourquoi moi, je devrais rester cachée et enfermée ?"

Mise en lumière du savoir-faire

De l’histoire du premier couple, en passant par les événements réalisés jusqu’aux avancées technologiques, cette exposition met en lumière le savoir-faire de la communauté.

Adeline Rapon, artiste-photographe et commissaire de l’exposition, la démarche est claire :

La communauté LGBT est présente partout, il est important de le rappeler. Comme tout le monde, nous possédons des compétences variées car nous sommes des personnes ordinaires. L'objectif de cette exposition est précisément de dévoiler un aperçu de la culture LGBT en Martinique. Cela se traduit aussi bien par le militantisme, à l'image de ce que réalise aujourd'hui l'association Kap Caraïbe, y compris à travers cet événement, que par la fête, ou encore par les mouvements artistiques et culturels. Cela touche également à la sphère intime : la création d'une famille et le besoin de se rassembler dans des lieux parfois un peu en marge pour des raisons de sécurité. L'idée fondamentale reste de se retrouver pour échanger sur nos modes de vie et sur la réalité de notre quotidien, encore trop souvent relégué à la marge aujourd'hui.

Au-delà de cette initiative, d’autres événements seront également organisées dans le cadre de ce mois des fiertés.

Le vendredi 12 juin, la pride martiniquaise s’est tenue au centre-ville de Fort-de-France. Une grande première après neuf ans de festivités au Carbet.

Cependant, Chloé Lasserre rappelle que les tentatives de marche, symbole de cet événement, restent à ce jour infructueuses :

Pour l'association Kap Caraïbe et en tant que militante, une Pride doit se dérouler dans la rue : c'est un événement gratuit et une manifestation profondément politique, destinée à défendre nos droits et nos existences. Si l'organisation de soirées LGBT est une excellente chose, une Pride se définit avant tout par une marche citoyenne. À ma connaissance, il n'y en aura pas encore cette année, comme ce fut malheureusement le cas les années précédentes. C'est regrettable que depuis 2012, nous ne puissions pas sauter le pas. C'est une conséquence directe de la stigmatisation que subit la communauté, notamment à travers l'hypersexualisation dont la société fait preuve à notre égard. Dès que l'on évoque une "marche LGBT", beaucoup s'imaginent immédiatement des personnes dénudées. Pourtant, l'objectif n'est pas de reproduire un carnaval en plein mois de juin, mais bien de visibiliser nos vies et de revendiquer nos droits. Malheureusement, nous n'avons pas encore la chance de pouvoir tenir cette marche aujourd'hui.


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