Lassitude et colère des Martiniquais face à l’insécurité croissante
La Martinique est frappée par une vague de violence nourrie par une forte circulation des armes à feu. Ce mardi 30 septembre, le préfet, les autorités judiciaires et les représentants des forces de l’ordre se rendent à Sainte-Lucie pour participer à une commission mixte de sécurité. Ensemble, ils veulent renforcer la coopération autour de la gestion des armes et des stupéfiants. Une mesure bienvenue car en Martinique, la violence agace profondément la population.
Cette rencontre d’autant plus cruciale qu’une bande originaire de Sainte-Lucie serait soupçonnée d’avoir commis plusieurs crimes la semaine dernière, dont le 29ᵉ homicide de l’année : celui d’un homme blessé par balle au quartier Bô Kannal, à Fort-de-France. Là, les riverains sont à la fois choqués et en colère. Ils ne reconnaissent plus leur quartier.
La violence n’était pas autant intense. Maintenant, les armes, les jeunes qui s’attaquent aux Martiniquais, c'est impensable. Ce sont eux, ces jeunes qui ont 25 ou 30 ans, qui sont responsables de tout ce désordre.
Autrefois paisible, Bô Kannal est désormais associé aux tirs, aux règlements de comptes et à une insécurité devenue quotidienne.
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Sortir le soir, un risque assumé
À Fort-de-France, l'ambiance n'est pas plus sereine. À Dillon, la peur a changé les habitudes de vie.
Le soir, on évite autant que possible de sortir, et on ne sort pas si on n’a pas quelque chose à faire. J’habite à Dillon, les gens s’amusent à tirer parce qu’ils ont des armes.
Un autre riverain complète :
Ça va de mal en pis. Il faut faire attention, gérer ses déplacements, ne pas rester tard, éviter les lieux chauds où il y a beaucoup de public.
Ces témoignages illustrent une réalité : la simple idée de sortir de chez soi n’est plus anodine.
Depuis le début de l’année, 29 homicides ont été recensés en Martinique, dont 25 par arme à feu. Des chiffres alarmants, qui expliquent pourquoi, désormais, les Martiniquais ne réclament plus seulement des discours ou des annonces officielles : ils attendent des actions concrètes. Car au-delà des statistiques, c’est le quotidien qui est bouleversé, entre peur, colère et désir de retrouver un peu de tranquillité.
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