La cour d’appel de Fort-de-France a célébré ses 10 ans autour du thème “Le citoyen et sa justice”
À l’occasion de son dixième anniversaire, la cour d’appel de Fort-de-France a organisé, ce lundi 13 octobre, une conférence sur la place du citoyen dans la justice. Les magistrats, les élus et la population ont échangé autour des rôles que chacun peut jouer au sein de l’institution judiciaire.
La conférence, organisée par Laurent Sabatier, premier président de la cour d’appel, et Patrice Cambérou, procureur général, a réuni de nombreux acteurs du monde judiciaire. Des personnalités politiques, comme Béatrice Bellay et Catherine Conconne, ainsi que le préfet Étienne Desplanques, étaient également présents.
L’objectif de cette rencontre était de montrer que la justice n’est pas réservée aux professionnels. Assesseurs, jurés d’assises, médiateurs, conciliateurs ou représentants de victimes… autant de rôles que les citoyens peuvent exercer.
Une justice encore mal comprise
Pour Patrice Cambérou, ce type d’initiative était devenu nécessaire afin de rapprocher la justice du grand public :
Les enquêtes sur la justice montrent qu'elle est mal comprise. On a cette espèce d'incompréhension qui est assez frustrante. Donc, non seulement on a voulu que le citoyen participe lui-même à l'œuvre de justice au travers de la cour d'assises, des chambres de l'application des peines, des tribunaux pour enfants, mais aussi que le citoyen est lui-même en charge de la justice, par exemple dans l'institution des conciliateurs, la justice restaurative ou même le rôle des associations.
Parmi les intervenants, Fabrice Médeuf, 44 ans, directeur d’exploitation dans une société de transport, a partagé son expérience. Tiré au sort, il a siégé comme juré devant la cour d’assises au mois de septembre.
Il a participé à deux procès, l’un pour meurtre, l’autre pour tentatives d’assassinat. Une expérience marquante :
La première session, c'était un meurtre et la deuxième, c'était des tentatives d'assassinat. Ce qu'il faut savoir, c'est que lorsqu'on a les accusés qui se présentent, on se dit : Est-ce qu'il a vraiment fait ça ? Ça peut arriver qu'on prenne un peu parti pour la personne. On est quand même des êtres humains. Ce sont des humains devant nous qu'on devra juger. Donc, c'est vrai qu'on peut être facilement amadoué par rapport aux différentes victimes.
À travers cette conférence, la cour d’appel a souhaité rappeler que chacun peut contribuer au bon fonctionnement de la justice, qu’il soit professionnel ou non.
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