« Il vivait un enfer en détention » : une mère témoigne en colère après le suicide de son fils en prison

Par 16/06/2026 - 05:40 • Mis à jour le 16/06/2026 - 17:05

Un détenu de 25 ans s'est donné la mort ce week-end, seul dans sa cellule. Sa mère dénonce des alertes restées sans réponse face aux violences et menaces visant son fils. Le parquet a ouvert une enquête sur les conditions de sa détention.

    « Il vivait un enfer en détention » : une mère témoigne en colère après le suicide de son fils en prison

Une maman crie sa colère après le décès de son fils, le week-end dernier, dans sa cellule au centre pénitentiaire de Ducos.

Le jeune Martiniquais était incarcéré depuis le mois de mars, après une condamnation, en son absence, à 3 ans de prison dans une affaire de stupéfiants. Pour sa mère, déjà affectée le 14 février par la perte de sa fille de 2 ans, oubliée accidentellement dans une voiture à Acajou au Lamentin, c'est un nouveau coup du sort terrible.

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Profondément bouleversée, elle estime que la justice n'a pas compris l'absence de son fils à son procès, qui se tenait quelques jours seulement après la perte de sa petite sœur.

Il venait de perdre sa soeur. Nous étions dans une grande douleur et nous avons oublié la date d'audience. Quand il s'est présenté au greffe et au magistrat quelques jours après, avec le certificat de décès de sa soeur, on a appelé les policiers pour lui passer les menottes et l'écrouer au centre pénitentiaire de Ducos.

Des alertes sans réponse, selon la maman

Elle dénonce des violences, menaces et intimidations visant son fils en détention. Selon elle, les alertes auraient dû empêcher le drame. Le jeune homme, qui avait fait appel de sa condamnation, devait être rejugé le 2 juillet prochain.

Pour sa mère, Jessie Bias, son fils vivait un enfer en détention. Elle le raconte, profondément bouleversée.

Il a alerté, il a porté plainte pour dire que telle personne le battait, il me l'a dit. Il a aussi dit qu'il n'arrivait pas à dormir, qu'on le menaçait. On a mis un contrat sur sa tête parce qu'il avait un cousin qui était en prison, qui avait des problèmes avec des gens en prison. On le tabassait. Il ne fréquentait même pas son cousin. L'administration n'a rien fait. Ils m'ont dit : « Oui madame, j'ai vu que votre fils a de petits problèmes psychologiques. » J'ai dit : « Oui. » Ils m'ont dit : « Ne vous inquiétez pas, on va le prendre en charge, on va le faire voir par le médecin du centre pénitentiaire. » Que justice soit faite pour mon fils, pour tous ceux qui le battaient. J'ai perdu ma fille, j'ai perdu mon fils. Est-ce qu'ils connaissent la douleur d'une mère ? 

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Une enquête ouverte par le parquet

Contacté, le parquet de Fort-de-France confirme qu'une enquête est en cours sur les conditions de détention de ce détenu. À ce stade, un premier examen du corps n'a pas révélé de traces de violences, mais une autopsie a été demandée en priorité. 

Connu comme quelqu'un de sensible et de fragile, le jeune prisonnier avait été placé dans une cellule à part par le personnel pénitentiaire. Selon une source interne à la prison, des agents auraient tenté de l'aider mais se seraient heurtés à des refus. Il était suivi par le psychologue de l'établissement.

L'enquête se poursuit pour déterminer les conditions dans lesquelles il s'est donné la mort, afin d'essayer d'apporter toutes les réponses à la famille, assure le parquet.


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