Élections : le bus des municipales fait un arrêt au Prêcheur
Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars 2026. En amont du scrutin, la rédaction de RCI parcourt les 34 communes de Martinique à bord du bus des municipales. Ce jeudi 26 février, le bus fait un arrêt au Prêcheur.
Le portrait de la commune
Située entre mer et volcan, la commune du Prêcheur est un ancien quartier de Saint-Pierre, marqué par la destruction lors de l'éruption de la montagne Pelée en 1902. Bien qu’exposée à de multiples risques naturels, sa population d'environ 1 400 habitants manifeste depuis des années une détermination farouche à vivre sur ce territoire.
Face aux effets de l'érosion sur le littoral et au risque de submersion, d'immenses pierres ont été installées pour réduire la force des vagues. En parallèle, un projet de nouveau quartier sur les hauteurs a été présenté, avec une école refuge pour mettre à l'abri la population en cas de sinistre.
La commune reste toutefois vigilante face aux lahars, ces coulées chargées de blocs de roche qui dévalent le lit de la rivière lors de fortes pluies, un phénomène qui suscite toujours l'inquiétude.
Bâtie sur une terre très fertile, l'économie locale repose sur les nombreuses exploitations agricoles des Mornes et sur la pêche. Le cœur de la place du Bourg est formé par la mairie, la Poste et l'Église aux Trois Cloches, où l'on peut admirer le plus ancien clocher de la Martinique. Cependant, l'accès aux soins dans cette petite commune isolée fait débat, puisqu'un médecin n'y reçoit la patientèle que deux fois par semaine.
Ce coin de nature regorge de sites d'une beauté sauvage, notamment les plages de l'Anse Couleuvre et de l'Anse Céron, points de départ d'un magnifique parcours de randonnée vers Grand-Rivière. La vie locale est rythmée par trois événements phares : le Met Résilience, la Fête Patronale en juillet et le "Boyo ton", un rendez-vous culinaire et festif qui attire la foule chaque mois de novembre depuis 16 ans.
L'analyse
Pas moins de six candidats briguent le fauteuil de maire du Prêcheur. Le tableau général présente une configuration inédite : deux femmes, toutes deux anciennes premières adjointes, deux frères, ainsi que deux maires (le sortant et un ancien édile). Ce duel électoral se joue dans une commune au contexte financier difficile, avec un déficit avoisinant les 1,4 million d’euros.
Le maire sortant, Alain Germain Duton, avait succédé à Marcellin Nadeau lorsque ce dernier a rejoint l’Assemblée nationale pour respecter la loi sur le non-cumul des mandats. Durant quatre ans, il affirme avoir poursuivi scrupuleusement le programme engagé, tout en intervenant sur le plan budgétaire. Estimant avoir assaini la situation pour l’avenir, il souhaite donner une nouvelle impulsion à la ville, bien qu’il n’ait pas été investi par son propre groupe pour mener la liste.
Le Mouvement Préchotin Communaliste (MPC) a justement désigné Guylène Joseph-Angélique, qui occupait jusqu’alors le poste de première adjointe. Revendiquant sa légitimité, elle se porte garante de la continuité des chantiers majeurs, tels que la recomposition spatiale, l’école refuge ou le plan alimentaire. Elle se montre sereine face à la dette, assurant que la situation n'est pas catastrophique et que des fonds seront trouvés.
Une autre ancienne première adjointe, Nadia Limier, se présente pour la première fois comme tête de liste. Cette femme de terrain prône le rassemblement des Préchotins autour d’un projet commun. Jugeant la ville à l’abandon, elle propose de s’appuyer sur les ressources de la terre et de la mer pour redynamiser la commune, notamment via le développement d’un tourisme patrimonial.
Ancien maire de 1997 à 2008, Roger Nadeau signe son retour dans la bataille électorale. Désormais libéré de ses obligations professionnelles, il se dit prêt et disponible, répondant à une sollicitation des habitants pour restaurer l'image de la ville. Ses priorités incluent la lutte contre le déclin démographique, la relance de l’agriculture et de la pêche, ainsi que la problématique du recul du trait de côte.
La famille Cazal est représentée par deux frères. L’aîné, Louison Cazal, ancien candidat en 1995 et militant du MODEMAS (Mouvement des démocrates et écologistes pour une Martinique souveraine), porte un programme écologiste. Motivé par la lutte contre la « politique des clans », il propose des solutions concrètes comme un plan de sauvegarde du littoral, une piste cyclable et la création d’une maison de santé.
Enfin, Jean-Pierre Cazal, déjà candidat en 1997 et 2002, revient avec l'ambition de redresser des finances qu'il juge à la dérive. Son projet repose sur la relance économique par la création d’une microzone d’activité, l’aménagement de la plage de Céron, ainsi que la construction d’une médiathèque et d’un gymnase.
Entre la multiplicité des projets et le nombre important de candidats, les 1 430 électeurs du Prêcheur auront un choix décisif à faire le 15 mars prochain.
Les candidats :
- Alain Germain Duton
- Guylène Joseph-Angélique
- Nadia Limier
- Roger Nadeau
- Louison Cazal
- Jean-Pierre Cazal
Qu'en pensent les Préchotains ?
« Le bus des municipales » : Vos rendez-vous antenne RCI du Lundi à Vendredi
Le bus des municipales passe tous les jours, du lundi au vendredi sur l'antenne de RCI.
Chaque jour, une commune :
Journal de 6h : Premier coup de klaxon avec la parole aux administrés
Journal de 7h : Le bus dépose tous les passagers avec le portrait de votre commune...
Journal de 7h et 13h : ... et les enjeux dans votre commune
Journal de 13h : « L'envers du scrutin », avec Justin Daniel
18h30 (à partir de début février) : « Une minute pour convaincre »
Des rendez-vous à retrouver dans les replays des différentes éditions.
Et retrouvez aussi Philippe Diser, tous les dimanche matin, de 9h à 11h pour 8 épisodes spéciaux de "La Tribune du Dimanche - MA MAIRIE ET MOI - LES CITOYENS ONT LA PAROLE".
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





