Procès du meurtre de Marion Génin : Fabian Cherubin condamné à 25 ans de réclusion criminelle

Par 03/02/2026 - 19:21 • Mis à jour le 04/02/2026 - 09:11

Au terme du dernier jour de procès ce mardi 3 février 2026, Fabien Cherubin a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Martinique. Il a été reconnu coupable de l'enlèvement et du meurtre de Marion Génin en septembre 2008 dans le sud de la Martinique.

    Procès du meurtre de Marion Génin : Fabian Cherubin condamné à 25 ans de réclusion criminelle

La justice a tranché sur l'affaire Marion Génin. Après les réquisitions de l’avocate générale (25 à 30 ans de réclusion) plus tôt dans la journée, la défense a pris la parole pour tenter d'infléchir la décision des jurés, pointant du doigt les zones d'ombre du dossier. Malgré ces mots, les jurés ont pourtant suivi les réquisitions de l'avocate générale en condamnant Fabian Cherubin à une peine de 25 ans de réclusion criminelle.

"Elle est devenue leur chose"

La plaidoirie de Me Cécile de Oliveira, avocate des parties civiles, a agi comme un électrochoc dans la salle d'audience. Face à un accusé qu'elle décrit comme "un homme contrôlé, d’une froideur exceptionnelle", l’avocate a mis des mots sur l’horreur de la séquestration subie par Marion Génin.

Marion Génin est devenue leur chose : sa vie est à eux, sa mort est à eux. Le récit de sa mort est encore à eux, et Fabian Chérubin le garde pour lui. 

L'affaire est également restée gravée dans ce silence persistant de l'accusé de 39 ans, qui, s'il a reconnu sa présence, a continué de nier avoir porté les coups mortels, désignant ses complices absents. En quelques mots, l'avocate a résumé la tragédie : "Ils l’ont attrapé, ils l’ont attaché, ils l’ont attaqué."

Submergée par l'émotion, l’avocate n'a pu retenir ses larmes, entraînant avec elle les proches de la victime présents sur les bancs.

Une procédure "hors normes"

À la reprise, l’avocate générale avait entamé ses réquisitions, soulignant la complexité d'un dossier marqué par 17 ans d'attente.

"C’est une procédure complexe, difficile humainement, et hors normes au vu de l’ampleur des investigations", a-t-elle rappelé, saluant l'important travail des enquêteurs, qui, au moment des faits, avaient remonté la trace des suspects grâce à des photos qu'ils avaient eux-mêmes prises avec le téléphone de la victime.

La magistrate a évoqué les autres affaires impliquant Cherubin et ses complices Roger Hilaire, Dany Francis et Roger Avril, dont celle du meurtre de Reynolds Repaul en 2008. Un moyen de démontrer que ces derniers ont agi en bande organisée.

Le rôle glaçant de Fabian Cherubin

La magistrate a ensuite décrit le rôle de l'accusé au sein du groupe : lorsqu'il fallait un "animal froid, qui ne panique pas, qui ne se laisse pas attendrir par des pleurs", c’est vers lui que l'on se tournait. Fixant le box, elle l'a alors interpellé : "Qu’est-ce qu’elle vous a fait ce soir-là pour déchaîner une telle violence ? Il fallait en arriver là pour deux valises et une carte bleue ?".

Déjà condamné par contumace à la perpétuité en 2022, Fabian Cherubin jouait ici sa dernière carte avant sa condamnation. Mais pour l'accusation et les jurés, la responsabilité du Sainte-Lucien dans son parcours criminel marqué par des faits de vols à main armée, de séquestration et de meurtre, n'a fait aucun doute.

Une défense offensive sur la qualification des faits

L'avocat de la défense Me Louis-Philippe Sutty avait débuté sa plaidoirie en rappelant que, si son client n'est "pas un inconnu de la justice", il ne devait pas être jugé pour son passé mais uniquement pour les faits présents. La défense avait également demandé l'acquittement pour les chefs d'accusation d'enlèvement et de séquestration.

Le conseil de l'accusé avait pourtant insisté sur l'évolution du statut de Cherubin au cours de l'enquête. Selon la défense, Cherubin était passé du statut de simple témoin à celui de complice sans qu'une participation active aux faits ne soit réellement démontrée.

L'avocat avait aussi souligné que sans la coopération de son client, l'issue de l'enquête aurait été bien différente : Grâce à Fabien on a pu retrouver le corps, sans lui jamais il n’aurait été retrouvé.

"Ce n'est pas l'Amazonie"

Revenant sur les conditions de la découverte de la victime au cours du dernier jour de procès, la défense a fait le choix de balayer l'idée d'un environnement hostile qui aurait pu justifier certaines thèses de l'accusation autour de Fabian Cherubin :

Le corps n’a pas été retrouvé dans une jungle, ce n’est pas l’Amazonie ici… Il n’y a pas non plus de bêtes sauvages, ce sont des manicous.

Avant la délibération de la Cour, Fabian Cherubin a pris la parole une dernière fois. Un discours empreint de spiritualité, marquant une forme de détachement vis-à-vis de la sanction pénale et sa condamnation :

J’ai déjà été pardonné par Dieu, je comprends que la justice ne me pardonne pas, mais moi je sais que Dieu est le vrai juge et il m’a déjà pardonné.


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