« C’est avant tout un féminicide » : 30 ans de prison requis contre Lionel Griffit

Par 24/06/2026 - 15:08 • Mis à jour le 24/06/2026 - 18:08

Ce mercredi (24 juin), l’avocate générale a requis 30 ans de réclusion criminelle, au procès de Lionel Griffit.

    « C’est avant tout un féminicide » : 30 ans de prison requis contre Lionel Griffit

Au procès de Lionel Griffit, ce mercredi (24 juin), les réquisitions s'ouvrent sur une donnée alarmante : 90 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur compagnon violent, en 2020. Et Camille Pierre en faisait partie. L'avocate générale a insisté devant la cour : cette affaire est avant tout un féminicide.

Selon elle, tout au long de ce procès, l'accusé Lionel Griffit a tenté de décrédibiliser la victime, afin de faire passer Camille Pierre pour une droguée et une prostituée. Il a voulu faire de ce crime une affaire de proxénétisme ou un coup monté.

Des faits incriminants 

Pourtant, selon la procureure, les faits parlent d'eux-mêmes : les autorités seraient intervenues à deux reprises, le 3 octobre puis le 7 novembre 2020, pour des altercations violentes entre Camille Pierre et Lionel Griffit. « Qu'est-ce qui n'a pas marché ? », interroge l'avocate générale. La victime n'aurait jamais porté plainte.

Et maintenant, six ans après le meurtre, Lionel Griffit n'a toujours pas avoué son crime, ce que déplore l’avocate générale : « ce n'est plus de l'entêtement, mais de la psychorigidité », renchérit-elle. Elle pointe également son absence d'empathie pour la victime. Bien au contraire, il la tient pour responsable dans chacune des versions qu'il donnera à la cour.

L'avocate générale appelle à ne pas être dupe : « Lionel Griffit n’est pas ce pauvre type traumatisé par un coma à 5 ans, mais un homme qui sait où il va dans ses mensonges ».

Verdict dans l'après-midi

Loin d'être novice avec les armes, il a reconnu être propriétaire de celle qui aurait tué Camille Pierre et en avoir possédé aussi quand il résidait en France. L'avocate générale insiste : en appuyant sur la gâchette, en tirant en direction d'une zone vitale, elle estime que c'était un acte volontaire. Puis elle conclut :

C'est bien le dossier d'une femme qui va quitter un homme. Un homme dominant qui va aller jusqu'au meurtre.

Elle requiert donc 30 ans de réclusion criminelle, accompagnée d'une peine de sûreté aux deux tiers, cinq ans de suivi socio-judiciaire et le retrait de son permis de chasse pour une durée de cinq ans.

Le verdict est attendu cet après-midi.


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