[AUDIO] « Je veux que Patrice dise la vérité pour soulager la maman » d’Aude Jean-Alexis

Par 26/03/2025 - 18:26 • Mis à jour le 26/03/2025 - 20:56

Deuxième journée d’audience chargée au procès de Patrice Monthieux, accusé d’enlèvement, séquestration, détention suivie de mort sur la jeune femme de 22 ans, le 15 novembre 2017.

    [AUDIO] « Je veux que Patrice dise la vérité pour soulager la maman » d’Aude Jean-Alexis

L’ambiance est tendue en ce mercredi après-midi. Sommé de s’expliquer sur les faits, Patrice Monthieux, 48 ans, clame son innocence.

Condamné à 30 ans de réclusion criminelle en première instance, il conteste avoir tué Aude Jean-Alexis.

Hier, au premier jour d’audience, lors de l’examen de personnalité, il a mis en avant des problèmes de mémoire. Mais, au second jour d’audience, c’est un homme qui s’exprime avec assurance et avec une fluidité parfois déconcertante.

Je rappelle à tout le monde que je suis innocent. C’est difficile pour moi parce que le moment que je vis, c’est un vrai cauchemar. Aude, c’est quelqu’un que j’ai fréquentée quelques mois, j’ai eu quelques relations avec elle, cachées », assure-t-il à la barre

« Tous les faits incriminent Patrice Monthieux »

Mais, devant ses juges, Patrice Monthieux l’assure : c’est avec Clarisse, son ex-compagne, qui a témoigné depuis deux jours, qu’il « se voyait un avenir, des enfants ».

Cette dernière l’a pourtant quitté peu après la perquisition à son domicile, dans le cadre des premiers soupçons liés à ce dossier. Aucune trace de sang n’a été retrouvée dans sa demeure.

« Vous ne trouverez rien ici », avait à l'époque déclaré Patrice Monthieux à l’enquêteur, au moment des recherches. Le gendarme l’avait interprété comme un aveu.

Le 13 décembre 2019, un appel anonyme évoquait la possibilité que le corps d’Aude Jean-Alexis soit dans un ravine, située à 1,5km du domicile de Patrice Monthieux.

Selon l’enquêteur entendu à l’audience, le corps de la jeune femme aurait pu s’y trouver mais les gendarmes n’avaient pas, à ce moment-là, les moyens matériels pour descendre dans la ravine.

« Tous les faits incriminent Patrice Monthieux », conclue pourtant le rapport d’enquête. Et notamment des menottes avec l’ADN d’Aude retrouvées au domicile de l’accusé.

Le témoignage poignant de l'ex-compagne 

Au procès, comme la veille déjà, Clarisse, son ex-compagne, parle naturellement. Elle a partagé 5 ans de la vie de l’accusé, après avoir fugué de chez sa mère.

Quand les soupçons ont commencé à peser sur lui, elle a « perdu confiance » et est partie deux mois plus tard.

À la barre, elle se présente comme une femme « blessée, bafouée par les agissements d’un homme infidèle dont (elle) connaissait finalement peu de choses ».

Comme ma mère me le dit souvent, ça aurait pu être moi, toute ma famille me le dit. On ne sait pas de quoi Patrice est capable. Je me suis posé des questions plusieurs fois

- Est-ce que c’est quelqu’un de franc ? », interroge le président

- « Je ne pense pas »

À ECOUTER Clarisse, ex-compagne de l'accusé, lors d’une suspension d’audience

Maman elle-même de deux enfants aujourd'hui, après avoir dû avorter trois fois à la demande de Patrice Monthieux, elle pense à la mère d’Aude et implore Patrice de dire « la vérité » pour la soulager

L'ex-compagne éclate en pleurs à l'audience.

Je compatis avec la maman d’Aude parce que je suis maman moi-même. Je me sens un peu inutile, chaque fois qu’on m’appelle c’est pour me poser des questions sur ma vie, ma sexualité, ma vie de couple avec Patrice 

La colère des parents d'Aude

L’accusé, pas à une contradiction près, après avoir évoqué ses envies d’enfants et de fonder un foyer avec elle, lâche, à un moment donné : 

Clarisse, c’était, une relation cachée 

Il réitère que lui et Aude étaient « sex-friends ». Lors du premier procès, il avait d’ailleurs décrit leur relation, avec des mots très crus.

Je suis désolé pour le procès qu’il y a eu la première fois. J’ai dit des choses que je n’ai jamais faites. Cela m’a été obligé. Si je ne l’avais pas dit, je me retrouvais sans avocat à ce moment-là.

Le père d’Aude hurle :

Vous l’avez tuée, vous mentez, vous n’êtes pas un homme ! 

La mère de la jeune femme surenchérit et hurle à son tour :

Sortez de notre vie ! 

Dans un climat délétère, les juges décident de suspendre l’audience. Le procès reprend ce jeudi, à 8h. Le verdict est attendu vendredi.


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