Décès de l’artiste plasticien martiniquais Jean-François Bloclé dans son atelier parisien

Par 14/03/2026 - 07:32 • Mis à jour le 14/03/2026 - 12:09

Victime d’une crise cardiaque dans son atelier parisien, Jean-François Boclé est décédé dans la nuit du 10 au 11 mars dernier. Le plasticien avait à peine 55 ans.

    Décès de l’artiste plasticien martiniquais Jean-François Bloclé dans son atelier parisien

L’art martiniquais est en deuil.

L’artiste plasticien Jean-François Boclé est décédé dans la nuit du 10 au 11 mars, à 55 ans.

 Victime d’une crise cardiaque dans son atelier parisien. Né à Fort-de-France, il avait notamment étudié la littérature à la Sorbonne, avant de se former aux Beaux-Arts de Paris.

Son travail, reconnu à l’international, avait été exposé dans de nombreux pays, notamment au Sénégal, aux États-Unis, en Belgique, en Suède ou encore au Brésil.

« Il a fait de grandes expositions internationales »

David Demetrius, curateur et critique d’art caribéen a côtoyé l’artiste au début de sa carrière.

C'était un mentor pour moi, parce qu'on s'est rencontrés vraiment au début de mes études et que c'était quelqu'un vraiment d'humain avant tout. C'était un très grand artiste et qui avait une vision à la fois pour une Martinique qui l'invisibilisait d'une certaine façon et qui avait une vision à la fois générale pour la Caraïbe, mais aussi surtout pour les Sud-Globeaux, parce que comme il le disait très bien, il travaillait avant tout pour les voix des Sud et il se sentait le plus à l'aise chez lui dans les Sud-Globeaux que dans le Nord. Et sa volonté était de retourner un jour en Martinique, si ce n'est dans la Caraïbe.

Pour David Demetrius, Jean-François Boclé a eu un parcours hors-normes.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas spécifiquement l'art contemporain, il a fait de très grandes expositions internationales. Il a exposé dans de très grandes galeries comme la Saatchi Gallery à Londres. Il a exposé à plusieurs reprises à Amsterdam. Il a à son actif plus d'une dizaine de biennales internationales, dont ces grands événements internationaux, à Dakar, au Sénégal, plusieurs biennales de ce type-là. Donc oui, c'était un grand représentant de la Martinique à l'international. Il était pluridisciplinaire, donc il touche à la fois le dessin, la performance, l'écriture et ses derniers instants de vie, il travaillait surtout l'écriture au travers de chroniques. C'est au travers de ces résidences d'artistes qu’il donnait voix à ses expériences et le lien qu'il pouvait faire entre lui et son ancrage martiniquais et le reste du monde. De façon générale, c'était quelqu'un qui posait un geste décolonial, militant de ce que c'est que d'être noir, afrodescendant dans ce monde globalisant, globalisé, face à des situations de racisme, de discrimination, en tousn genres.


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