[Eau secours] Coupures d’eau : quand les habitants se tournent vers la rivière
En Guadeloupe, les coupures d’eau à répétition poussent certains habitants à se tourner vers les rivières pour s’approvisionner. Entre bricolage du quotidien et règles strictes encadrant les captages domestiques, nombreux sont ceux qui évoluent dans une zone grise où nécessité et légalité s’entrecroisent.
Pas d’eau au robinet pendant des heures, souvent des jours.
Souvenez-vous, en 2023 déjà, des ONG ont plaidé en Suisse auprès des instances de l’ONU pour alerter sur la crise de l’eau, accompagnées par l’avocate Clémentine Plagnol, engagée sur ces questions.
En Guadeloupe, certains habitants n’en peuvent plus et vont chercher ce qu’il leur manque directement dans les rivières.
« J’ai fini par me débrouiller »
Comme ce Capesterrien, Guy. Les coupures sont devenues si fréquentes qu’il a fini par aller à la rivière, proche de son domicile, pour s’approvisionner.
Avec toutes les coupures d'eau, j'ai fini par me débrouiller autrement. Des fois, on reste deux ou trois jours sans une goutte de robinet. C'est mon cousin, qui est plombier, qui m'a montré comment faire pour récupérer un peu d’eau de la rivière, mais surtout comment la rendre utilisable sans que ce soit dangereux. C'est uniquement pour les sanitaires, pour la vaisselle, pour rincer, préparer certains aliments. Pour boire, on achète de l’eau en bouteille.
Comme Guy, plusieurs familles improvisent des pompages sauvages, mais ces prélèvements ne sont pas sans conséquences. Ils sont encadrés par la loi et peuvent coûter très cher.
« Déclaration en mairie »
Me Clémentine Plagnol rappelle les règles en vigueur pour les captages domestiques.
Alors attention, il y a effectivement des captages qui sont illégaux, d'abord dans des périodes de particulière sècheresse. Mais surtout c'est interdit quand il s'agit d'un trop grand captage. On a eu des affaires, notamment à Gourbeyre, de captages clandestins avec des usines de prélèvement. Là, on est sur des captages qui sont de plus grande ampleur, qui, évidemment, sont des scandales vu l'impact qu'ils ont sur la ressource et sur les absences d'autorisation qu'il peut y avoir. Quand il s’agit de captage domestique, il faut en faire la déclaration en mairie pour les signaler et les répertorier. Ils ne sont pas illégaux, mais viennent s'accumuler les uns aux autres et donc nécessairement ils doivent être référencés pour qu'on ait une vision sur le captage domestique.
Entre manque d'eau et solution de fortune, beaucoup de Guadeloupéens naviguent dans une zone grise où survie et réglementation se croisent.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.






