Eau en Guadeloupe : près de 60 % des volumes perdus et une qualité des ressources en forte dégradation
Les chiffres de l’eau pour l’année 2023 ont été présentés mardi 6 janvier à l’Université Régionale des Métiers et de l’Artisanat, à Saint-Claude. S’ils confirment que l’essentiel de la ressource est destiné à l’eau potable, ils mettent surtout en lumière des pertes massives sur les réseaux et une dégradation continue de la qualité des eaux.
Des chiffres alarmants qui confirment l’ampleur de la crise de l’eau en Guadeloupe. Selon les données présentées, 85 % de l’eau prélevée en Guadeloupe est utilisée pour l’eau potable. L’irrigation agricole représente 12 % des usages, tandis que les autres activités économiques n’en consomment que 3 %.
En 2023, 58 % de l’eau produite n’arrive pas jusqu’à l’usager. Ces pertes s’expliquent en grande partie par les fuites sur les réseaux, mais aussi par des volumes consommés mais mal ou non comptabilisés.
Une dégradation de la qualité des eaux
Au-delà de ces pertes, la qualité des ressources se détériore. Les eaux de surface, les nappes phréatiques et les eaux côtières connaissent une dégradation, avec des conséquences potentielles sur la santé publique.
La vice-présidente du Conseil régional, présidente de l’Office de l’Eau et de l’Observatoire français de la biodiversité, dresse un constat :
Nous ferons une communication pour montrer à la population que l'ensemble des cours d'eau, l'ensemble des nappes phréatiques, l'ensemble de ce qu'on appelle les masses côtières, sont en train de se dégrader de manière inexorable, et qu'il n'y a plus aucun cours d'eau qui soit en très bonne qualité. Et quand l'état écologique se dégrade, arrive derrière l'état sanitaire.
Face à ce constat, l’État, l’Europe, la Région et le Département annoncent une mobilisation accrue de leurs moyens financiers. Objectif : reconquérir la confiance de la population, notamment à travers une intensification des campagnes de communication et des investissements ciblés. Un défi que le président du Conseil départemental, Guy Losbar, entend relever dès cette année.
Beaucoup d'efforts ont pu être réalisés, des améliorations, mais sans pourtant que cela soit perceptible aujourd'hui. C'est pour ces raisons que nous disons qu’en 2026, il y aura un effort très conséquent sur la réparation des fuites. Ce n'est pas l'objectif final, puisque l'enjeu reste l'ensemble des réseaux, mais cela va permettre une amélioration. Les Guadeloupéens auront moins de coupures d'eau. C’est ce qui va permettre de rétablir la confiance.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





