Des centaines de personnes réunies en hommage aux victimes de la fusillade à Capesterre-Belle-Eau

Par 04/07/2026 - 12:28 • Mis à jour le 06/07/2026 - 05:01

Quatre jours après le double meurtre qui a secoué Capesterre-Belle-Eau, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce samedi (4 juillet) pour une marche blanche. Une mobilisation digne pour réclamer la fin des violences.

    Des centaines de personnes réunies en hommage aux victimes de la fusillade à Capesterre-Belle-Eau

Plusieurs centaines de personnes, habitants, élus et dignitaires religieux, se sont rassemblées pour participer à une marche blanche en hommage aux deux femmes tragiquement tuées mardi 30 juin à Capesterre Belle-Eau.

Ce samedi 4 juillet, quatre jours après le drame, le cortège s’est recueilli devant l’épicerie-bar où se sont déroulés les faits, pour un dépôt de gerbes suivi d’un lâcher de ballons.

Un ultime hommage

Entre émotion vive et chants de recueillement, la foule a unanimement réclamé la fin de la violence en Guadeloupe.

Vêtus de blanc pour honorer la mémoire des victimes, les participants partageaient une immense tristesse, à l'image de la grand-mère de l'une des défuntes :

Elle était tellement présente pour nous, toujours à la maison avec ses enfants. Ce jour-là, elle était venue chercher à manger pendant que nous regardions la course. En voyant passer les pompiers, j'ai tout de suite pressenti un malheur. Sur place, on m'a dit qu'un crime avait eu lieu, et j'ai immédiatement compris que ma petite-fille était parmi les victimes. C'est incompréhensible. C'était une femme souriante, sans histoires, qui aimait tout le monde. Il faut impérativement trouver un moyen de stopper cette violence. Trop de mères pleurent leurs enfants. On tue des innocents en toute impunité, ce n'est pas normal.

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L'appel à l'unité

Parmi la foule, Monseigneur Guiougou, évêque de Guadeloupe, est venu apporter son soutien spirituel et moral aux familles endeuillées :

Nous partageons tous la même sidération et la même douleur. Notre forte mobilisation prouve que nous ne sommes pas indifférents. Pour lutter contre la violence, le rassemblement des forces politiques, associatives et religieuses est indispensable. Nos paroles doivent désormais se traduire en actes. Au-delà des marches qui suivent chaque drame, il nous appartient de poser des jalons durables au sein de notre société pour offrir un meilleur avenir à notre jeunesse et mettre un terme à ces tragédies.

"L'être humain perd son humanité"

Le président de l'Association des Maires, Jocelyn Sapotille, a également pris la parole pour interpeller la responsabilité de chacun, et particulièrement celle des parents :

Aujourd'hui, le mot d'ordre est la solidarité. Il s'agit de montrer à la Guadeloupe que l'amour peut l'emporter sur la haine. Cette violence dépasse notre seule île ; ces faits divers sont devenus un véritable problème de société, révélant un recul de nos valeurs fondamentales. L'être humain perd de son humanité. L'État a son rôle à jouer, mais il ne peut pas tout résoudre seul. Face à une telle crise, la responsabilité est collective. Le premier rempart contre la dérive, la première autorité, commence au sein du foyer, avec les parents.

La colère face à l'inaction

Le meilleur ami de l'une des victimes a exprimé une profonde incompréhension face à un drame qui, selon lui, aurait pu être évité. Ses mots traduisent la révolte face à l'impuissance publique :

Ces perturbateurs, tout le monde les connaissait. On était juste là à attendre notre match de foot. Tout le monde savait ce que ce gars faisait, mais personne n'a bougé. Sous prétexte qu'il faut des preuves ou des procédures complexes pour que la loi intervienne, on laisse pourrir la situation et ce sont des innocents qui en paient le prix. Elle avait toute la vie devant elle et elle laisse deux enfants. Ce drame n'aurait jamais dû arriver si chacun avait fait son travail à temps. La violence ne date pas d'hier, mais concrètement, rien n'est fait.

La veillée funèbre en mémoire des deux victimes se tiendra mardi soir. Le maire de la commune appelle d'ores et déjà la population à s'y associer massivement.


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