Congrès de l'eau en Guadeloupe : les élus réunis face à l'urgence d'une crise qui dure
Le Congrès des élus consacré à l'eau s'ouvre ce mercredi 24 juin au Conseil départemental de la Guadeloupe. Cette réunion exceptionnelle intervient dans un contexte de forte attente de la population, confrontée depuis des années aux coupures d'eau, aux fuites massives sur le réseau et aux difficultés financières du SMGEAG.
Tout commence le 10 mai dernier. Dans une lettre ouverte adressée aux Guadeloupéens, le président du Conseil départemental, Guy Losbar, lance un appel à la mobilisation autour de la question de l'eau. Estimant que le temps des diagnostics est désormais révolu, il annonce sa volonté de convoquer un Congrès des élus afin de réunir l'ensemble des acteurs concernés autour d'une même table.
Les objectifs affichés sont clairs : identifier les financements nécessaires à la rénovation des réseaux, réduire les coûts de fonctionnement du Syndicat Mixte de Gestion de l'Eau et de l'Assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG) et restaurer durablement l'équilibre financier de la structure.
Le 28 mai, réunis en assemblée plénière à Basse-Terre, les élus départementaux votent à l'unanimité la convocation du Congrès. Une commission ad hoc est alors mise en place pour préparer les travaux. Elle auditionne successivement les partis politiques, les associations d'usagers et les représentants du monde économique afin de recueillir leurs propositions.
Une population qui attend des résultats
Si les annonces se multiplient depuis plusieurs années autour de l'eau, les difficultés persistent sur le terrain. Dans plusieurs communes, les habitants continuent de subir des coupures prolongées et des tours d'eau réguliers.
À l'approche de ce Congrès, les attentes sont donc particulièrement fortes. Les usagers ne réclament plus seulement des diagnostics ou des plans d'action. Ils attendent désormais des mesures concrètes, un calendrier précis et des engagements susceptibles d'améliorer rapidement leur quotidien.
Le Conseil départemental affirme vouloir fédérer l'ensemble des acteurs autour de solutions durables. De son côté, le Conseil régional a également présenté plusieurs pistes de travail à la mi-juin. Quant au SMGEAG, désormais présidé par Henri Yacou, il poursuit le chantier de redressement d'un service fragilisé depuis plusieurs années.
Des chiffres qui illustrent l'ampleur de la crise
Les données les plus récentes rappellent l'importance des défis à relever. Selon le rapport annuel de l'Observatoire de l'eau publié fin 2024, le rendement moyen du réseau guadeloupéen plafonne à 45 %. Plus de la moitié de l'eau potable produite est ainsi perdue dans les fuites avant même d'arriver chez les consommateurs.
Dans son rapport de juillet 2025, la Chambre régionale des comptes estime qu'au rythme actuel des investissements, il faudrait 208 ans pour renouveler l'ensemble des canalisations de l'archipel. Le besoin global de financement pour mettre fin durablement aux tours d'eau est évalué à 1,2 milliard d'euros.
La situation financière demeure également préoccupante. La Chambre régionale des comptes souligne un taux d'impayés de 36 %, contribuant à un déficit réévalué à 47 millions d'euros pour le SMGEAG.
L'heure des décisions
Face à cette crise structurelle, les élus sont attendus sur leur capacité à dépasser le stade des constats. L'eau demeure un enjeu majeur pour la santé publique, la dignité humaine et le développement économique du territoire.
Au terme de cette journée de travail, les Guadeloupéens attendront avant tout des décisions, des échéances et des garanties. Car plus que de nouvelles promesses, c'est désormais la mise en œuvre effective des solutions qui sera scrutée.
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