Le CIRAD expérimente des alternatives au glyphosate dans les sols guadeloupéens
Face à une chute de 21 % de la biodiversité dans les bananeraies traitées, le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) déploie en Guadeloupe des alternatives au glyphosate.
En Guadeloupe, 39 % des pesticides vendus en 2019 étaient du glyphosate. Un herbicide massivement utilisé dans nos bananeraies et nos champs, mais dont les effets sur nos sols et sur la biodiversité sont de plus en plus documentés.
Des études récentes ont montré une diminution de la biodiversité de 21 % en moyenne dans les parcelles de banane fréquemment traitées. Comment s’en passer ?
Miser sur l'agronomie du vivant
Pour contrer la chute de 21 % de la biodiversité dans les bananeraies traitées, le CIRAD développe des leviers alternatifs au glyphosate. Steewy Lakhia, ingénieur agronome au CIRAD, détaille les expérimentations menées localement pour protéger les sols guadeloupéens :
Au vu de l'évolution de la législation, de nombreuses molécules autrefois utilisées ont été retirées du fait de leur dangerosité. En agronomie bananière, on utilisait encore beaucoup d'herbicides, notamment par injection de glyphosate pour la destruction des bananeraies en fin de vie. C’est pourquoi nous avons travaillé sur des solutions alternatives. Parmi les leviers développés et validés par des expériences agronomiques en Guadeloupe, on trouve l'utilisation des plantes de service qui couvrent le sol et occupent l'espace. Elles évitent l'érosion, contribuent à la fertilité des parcelles et abritent une macrofaune utile pour la lutte contre les insectes et les ravageurs. Nous avons aussi évalué une pratique pour gérer l'enherbement via des toiles hors-sol déposées sur le sol : privée de lumière, la végétation finit par dépérir. C'est l'un des autres leviers que nous avons mobilisés.
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