Ouragans : comment le réchauffement climatique change la donne pour les prévisions
La saison cyclonique qui vient de s’achever sur l’Atlantique confirme une dynamique singulière. Treize phénomènes ont été recensés, un nombre inférieur à celui prévu en amont par les scientifiques et même en dessous de la moyenne des trente dernières années. Pourtant, cette relative modération en nombre cache une réalité bien plus préoccupante : trois ouragans de catégorie 5, le niveau maximal sur l’échelle d’intensité.
Pour Thierry Jimonet, chef de centre à Météo France Antilles-Guyane, cette saison est tout sauf anodine.
Depuis que nous avons les satellites pour surveiller ces phénomènes, c’est seulement la deuxième fois que l’on observe plus de deux ouragans de catégorie 5 sur l’Atlantique.
Les phénomènes climatiques comme El Niño et La Niña, liés aux températures de surface du Pacifique, continuent d’influencer l’activité cyclonique atlantique. Mais ils ne suffisent plus à expliquer, à eux seuls, la puissance des systèmes observés toujours selon Thierry Jimonet.
Le changement climatique œuvre aussi. Mais nous avons aussi le changement climatique qui œuvre. Est-ce que cette année, cette saison, démontre une nouvelle fois que nous avons une intensification des phénomènes d'ouragans avec des catégories 5 plus prépondérants ? Dans le cadre du changement climatique, ce que nous savons dans les projections que nous avons eues réalisées à Météo France, c'est qu'effectivement, on n'aura pas plus de phénomènes, mais des ouragans majeurs, plus nombreux, plus intenses.
Se méfier de la pluie
Les projections menées par Météo France montrent une tendance claire : le nombre de cyclones ne devrait pas forcément augmenter, mais les ouragans majeurs, eux, devraient devenir plus nombreux et plus violents.
La hausse globale des températures joue un rôle central dans cette évolution. Chaque degré supplémentaire à l’échelle de la planète entraîne environ 7 % de vapeur d’eau en plus dans l’atmosphère selon Météo France. Une atmosphère plus chargée en humidité signifie des précipitations plus intenses, avec des conséquences directes sur les territoires exposés.
Ce qu’il faut craindre, ce n’est pas seulement le vent, c’est surtout l’eau. Il ne faut pas seulement s'attendre à un ouragan dangereux, mais les inondations et les submersions marines. Dans le cadre de ce changement climatique, malheureusement, il faut s'attendre à des périodes de sécheresse qui vont alterner à des périodes intenses en termes de précipitations.
Moins active en apparence, mais avec des phénomènes intenses, cette saison cyclonique confirme ainsi une tendance de fond : l’Atlantique entre dans une ère de phénomènes moins nombreux, mais plus dangereux, renforçant l’urgence de la prévention et de l’adaptation face au changement climatique.
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