Face à la montée de la violence, un CLSPD exceptionnel à Pointe-à-Pitre orienté vers la jeunesse

Par 13/01/2026 - 13:57

La jeunesse. Les participants au CLSPD exceptionnel de Pointe-à-Pitre n'avaient que ce mot à la bouche lors et après les échanges. Désormais, tous espèrent pouvoir passer des paroles aux actes.

    Face à la montée de la violence, un CLSPD exceptionnel à Pointe-à-Pitre orienté vers la jeunesse

Trois homicides depuis le début de l’année. Une violence en nette escalade en l’espace de sept jours. Face à cette situation préoccupante, les réunions d’urgence se multiplient.

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La dernière en date s’est tenue hier (12 janvier 2026) à la mairie de Pointe-à-Pitre, lors d’une séance exceptionnelle du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance.

L'objectif était de réunir l’ensemble des partenaires institutionnels afin de définir une stratégie de réponse concertée et coordonnée entre l’État et la Ville, avec une priorité clairement affichée : la jeunesse.

Le maire de Pointe-à-Pitre, Harry Durimel, insiste sur cette orientation

Tout le monde est conscient qu'il y a un problème d'abandon ou de la jeunesse ou des différences de la jeunesse à l'égard des institutions. Donc, il faut maintenant passer à l'action. Quand je dis maintenant, beaucoup de travail déjà, nous compris, mais au vu de tout ce qui a été dit, au vu de la richesse des échanges, je crois qu'on dispose des ressources humaines pour encadrer les programmes qu'on doit mettre en œuvre. Il va manquer de l'argent, car chacun sait que c'est l'argent le nerf de la guerre. Quelles sont aujourd'hui nos priorités ? Et moi, si on me pose la question, je dis à 200% plein cap sur la jeunesse. On a beaucoup de bonnes idées, on a beaucoup de volontaires, des éducateurs, des associations, des médiateurs. Nous avons de quoi traiter le problème. La seule chose, c'est que souvent, on compte sur l'argent. Je crois qu'aujourd'hui, les États généraux nous permettront de dresser un budget. Je suis sûr que cela nous coûtera beaucoup moins cher que d'aller faire la guerre en Ukraine

Des propositions multiples

Les échanges ont permis de poser un diagnostic clair face à la montée de la violence. Un constat partagé : des fragilités autour de la jeunesse, un manque d’accompagnement et de structures, et la nécessité de renforcer les actions de proximité.

Pour y répondre, le président de Région, Ary Chalus, plaide pour la tenue d’états généraux de la jeunesse, et le déploiement de dispositifs ayant déjà fait leurs preuves, notamment à Baie-Mahault :

Quand j'étais maire de Baie-Mahault, nous avons pu faire baisser la délinquance de 72% en mettant en place des actions pour la jeunesse. Nous avons mis en place le plan d'action jeunesse pour aller dans chaque quartier à la rencontre des jeunes et leur donner des solutions: formation, travail, passer le permis de conduire, chose que nous faisons.

Le chef de l'exécutif régional plaide pour renforcer l'insertion par le travail :

Je me bats de près de 10 ans pour un établissement public d'insertion par l'emploi, l'EPIDE. Il y en a 20 au niveau national et pas un EPIDE en Outre-mer

Ary Chalus souhaite aussi faire les jeunes se rencontrer à travers le sport

L'autre chose, permettre que ces jeunes de nos villes puissent se connaître. Plus on se connaît, moins il y a de frottements entre nous. Quand vous mettez en place un tournoi inter-quartier de football, de basket, de rendre n'importe quoi, vous invitez les jeunes de tous les quartiers à venir dans le gymnase pour leur parler, pour leur dire: Voilà, on met ça en place pour vous. C'est un projet que je pense que Cap Excellence peut porter, mettre des référents pour que ces jeunes puissent s'identifier à ces personnes, accompagner des familles aussi. J'ai proposé aussi que la plupart des communes puissent remettre en place le conseil de droit et devoir les familles. Je pense qu'il y a de quoi faire. Si on a cette volonté, on peut y arriver.

Passer de la parole aux actes

Le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux a salué la teneur des échanges forts et constructifs, nourris par les témoignages des acteurs de terrain.

Il plaide pour des actions coordonnées autour d’une jeunesse mieux accompagnée.

Beaucoup d'associations disaient que ces jeunes n'étaient pas perdus, mais il fallait arriver à leur parler, à les accompagner. Leur parler, c'est quoi ? C'est d'abord leur donner des modèles, des personnes ou des lieux, des actions qui symbolisent la réussite. Le deuxième idée que j'ai retenue, c'est qu'il fallait que ces jeunes soient accompagnés. Dans l'idéal, il faudrait quasiment que tous les jeunes aient un travailleur social de référence en qui ils aient confiance, avec lesquels ils puissent construire un avenir. La troisième idée qu'on a entendue, c'est qu'il fallait des moyens pour faire des sorties, etc. Là, je crois que la politique de la ville et le contrat de ville que j'ai signé récemment avec les élus de ce territoire, Cap Excellence, qui intègre Pointe-à-Pitre, permet d'apporter des moyens aux associations pour justement mettre en place des actions de proximité qui correspondent aux besoins des jeunes. La dernière idée qui n'a pas été beaucoup développée, qui a été simplement effleurée par un des jeunes présents, c'est qu'il faut être fier de son quartier. Fier de leur quartier, ça veut dire qu'il faut apporter un soin particulier à la qualité des espaces publics. Il faut maintenant mettre en place et passer du verbe à l'action.

Une nouvelle rencontre est prévue pour passer de la parole à l’action, avec des mesures concrètes.


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