Un couple poursuivi pour proxénétisme dans un centre de massage

Par 28/01/2026 - 05:14 • Mis à jour le 28/01/2026 - 20:46

Un couple de quadragénaires dont un officier de police était jugé ce mardi (27 janvier) devant le tribunal correctionnel pointois. Poursuivi pour des faites présumés de proxénétisme entre 2023 et fin 2024, dans un établissement de massage à Baie-Mahault. Certains salariées de ce centre de bien-être auraient été contraintes psychologiquement d'effectuer des prestations sexuelles à des clients. Il est reproché à l'ex conjoint, d'avoir bénéficié de ce système.

    Un couple poursuivi pour proxénétisme dans un centre de massage
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La femme a affirmé qu’il s’agissait de massages sensuels, et non sexuels. Bien qu’elle ait admis avoir pu étendre ses prestations personnellement avec certains clients, mais réfute avoir contraint ses salariées à faire de même. L’Institut situé près du bourg, proposait des "forfaits ++", communiqués via des groupes WhatsApp d’habitués.

Selon les anciennes employées, des massages à connotation intime étaient bel et bien pratiqués dans ce spa mais aussi dans un appartement du Gosier. La responsable, qualifiée d’autoritaire et manipulatrice, aurait exercé des pressions pour qu’elles s’y conforment également.

L'ex compagnon policier 

Son ancien compagnon avec qui elle a un enfant, était un officier de police judiciaire. Il pourrait avoir joué un rôle dans ce système. Il lui est reproché d’avoir profité de cette situation, bien qu’il conteste fermement les allégations, affirmant ne pas être au courant des activités de l’entreprise de son ex femme.

Les enquêteurs de la gendarmerie estiment que les revenus générés au cours des deux ans s’élèvent à 192 000 euros, un montant contesté. La difficulté réside dans la distinction entre un massage orienté bien-être ou tantrique comme ils l’appellent, et un acte sexuel tarifé.

Mise en délibéré 

Le Parquet a mis en avant la situation financière précaire des victimes, réclamant une peine de 3 ans de prison, dont 1 ferme pour la gérante, et 8 mois avec sursis pour l'homme. Le jugement sera rendu le 24 mars.

Hormis les victimes présentes, l'association "Équipe d'Action Contre le Proxénétisme" a demandé une amende de 50.000€ à l'encontre des prévenus. Maître Joanna Podan détaille : 

Je représente une association, l'Équipe d'Action contre le Proxénétisme, qui défend les victimes du proxénétisme. Aujourd'hui, c'est la voix des personnes qui sont exploitées, notamment. Nous sommes là pour pouvoir défendre, les assister, les accompagner dans leur reconstruction, puisque vous savez, ces proxénètes ont abusé d'elles, donc nous sommes là pour veiller à ce que leurs droits puissent être respectés. Nous avons demandé la somme de 50 000 €, globale, pour les préjudices, puisque nous savons que c'est malheureux de profiter de ces personnes qui sont dans des situations précaires. C'est de l'abus de faiblesse.

Du côté de la défense, il n'y a pas matière à condamner, le dossier ne se base que sur des interprétations. Maître Amélie Vingadassalon, avocate de la gérante de l'institut :

On a plaidé la relax puisqu'on estime, après analyse détaillée du dossier, que juridiquement, l’infraction n'est pas constituée. Il y a des déclarations de victimes qui ont évolué, qui ont changé, des nouveautés. Certaines ont dit devant les enquêteurs, clairement, qu'il n'y avait pas eu de demande pour des relations sexuelles tarifées avec les clients. Vous avez aussi des messages qui ont été évoqués, mais qui, dans le dossier, sont illisibles ou il y a des interprétations par les enquêteurs. 192.000€ ? Comme il a été dit, ce sont des estimations des enquêteurs. Ils n'avaient pas les données précises. On fait des calculs estimatifs. Nous avons produit les documents de l'expert comptable qui annonce un déficit de la société, et ce depuis 2023.

 

 

 


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