Procès du black-out EDF-PEI : jusqu'à 2 ans de sursis requis contre les 14 prévenus
Au quatrième jour du procès du black-out d'EDF-PEI de 2024, le Parquet a requis ce vendredi 26 juin des peines allant de 1 à 2 ans de prison avec sursis à l'encontre des 14 prévenus. Alors que les parties civiles décrivent un acte "irresponsable", la défense dénonce une tentative de "criminalisation" du droit de grève.
Ce vendredi (26 juin) marque le quatrième jour d’audience dans l’affaire du black-out électrique d'EDF-PEI survenu en octobre 2024 au tribunal correctionnel de Pointeà-Pitre.
Après les auditions des prévenus et des témoins la veille, la journée a d'abord été rythmée par les plaidoiries des parties civiles.
Qu'il s'agisse des particuliers lésés, du CHU ou de la direction d’EDF, tous ont tenté de démontrer l'ampleur des préjudices causés par cette coupure de courant générale et imprévue, avant que le Parquet ne reprenne la main pour prononcer ses réquisitions en début d'après-midi.
Les plaidoiries de la défense sont désormais en cours au tribunal de Pointe-à-Pitre.
Des peines de sursis pour les prévenus
À l'issue de ces débats, le Parquet a rendu ses réquisitions en fin d'après-midi, réclamant des sanctions significatives :
Pour le leader, Nathanaël Vérin, poursuivi pour mise en danger d'autrui : une peine de 2 ans de prison avec sursis, assortie d'une interdiction définitive d'accès au secteur public.
Pour les trois prévenus poursuivis pour dégradations : 18 mois de prison avec sursis et une interdiction du secteur public pendant 5 ans.
Pour 10 prévenus poursuivis pour association de malfaiteurs : 1 an de prison avec sursis également accompagné d'une interdiction du secteur public pendant 5 ans.
La défense dénonce une "criminalisation de la grève"
Une sévérité du ministère public vivement contestée par la défense. Pour Me Georges-Emmanuel Germany, l'un des avocats des prévenus, l'accusation fait fausse route en protégeant l'entreprise énergétique :
Je pense que, comme les plaidoiries des parties civiles, les réquisitions sont déconnectées du dossier. On essaie de faire du sensationnel en oubliant que le responsable du Black-out, c'est EDF. C'est d'ailleurs EDF qui, dans la jurisprudence qui a été évoquée par l'un de mes confrères, a été condamnée à plusieurs reprises à l'occasion de coupures qui abîment le matériel et qui gênent la vie quotidienne des gens, qu'ils soient en bonne ou en mauvaise santé. Et donc cette responsabilité que EDF essaye de fuir aujourd'hui, ils ont trouvé un complice de taille et de poids dans la personne de madame le Procureur, qui va dans le sens de dire qu'il faut criminaliser la lutte syndicale, criminaliser la grève. Et je crois qu'on est au cœur du débat. Doit-on accepter cette criminalisation du droit de grève ?
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