Conflits au Moyen-Orient : l'envolée du prix du pétrole et des emballages plastiques alimente l'inflation en rayon
L'escalade des conflits au Moyen-Orient provoque une hausse marquée des cours du pétrole et du fret maritime. Ce surcoût touche directement les industriels, confrontés à l'explosion du prix des emballages plastiques et des matières premières.
La continuité des conflits au Moyen-Orient et l'envolée des cours du pétrole se répercutent directement sur les produits de consommation courante.
Entre hausses du fret et explosion des coûts des emballages plastiques, la pression inflationniste s'installe durablement dans les supermarchés.
Depuis le mois de mars, la flambée du pétrole liée aux instabilités géopolitiques au Moyen-Orient produit des ondes de choc sur l'ensemble des chaînes d'approvisionnement.
Au-delà du tarif des carburants à la pompe, ce sont tous les dérivés du brut qui subissent une hausse directe.
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Le prix des polymères, à l'image du polyéthylène, une matière première indispensable à la fabrication des bouteilles et bidons d'emballage, qui a progressé de 10 à 15 %, avec des pics d'augmentation beaucoup plus prononcés selon les résines.
Des tensions géopolitiques aux rayons des supermarchés
Cette flambée des coûts d'emballage et de transport se répercute mécaniquement dans les linéaires.
En faisant leurs courses quotidiennes, les consommateurs constatent une hausse de prix marquée sur une multitude de références basiques, allant du pack d'eau minérale aux bidons de lessive.
À la sortie d'un supermarché en Martinique, le constat d'une cliente est sans appel :
Une marque précise que j'avais l'habitude d'acheter a vu son prix augmenter d'au moins 30 centimes, passant d'environ 35 centimes à près de 70 ou 80 centimes.
L'effet ciseau du commerce international
La hausse des prix des produits de grande consommation ne s'explique pas uniquement par la cherté du brut.
Elle s'inscrit dans un contexte de perturbation globale du commerce international, où le coût de l'acheminement des marchandises s'ajoute à celui de la transformation industrielle.
Eric Bellemarre, président de la Force Ouvrière des Consommateurs (FOC), souligne l'impact de ces facteurs cumulés :
Nous évoluons dans un contexte mondial interconnecté. Tout ce qui dérive du pétrole est directement impacté par le conflit irano-américain-israélien, ce qui pèse sur le coût des matières premières. À cela s'ajoute le surcoût du fret maritime : en raison des tensions géopolitiques, les routes maritimes ont dû être réorganisées, ce qui pèse lourdement sur nos approvisionnements en provenance d'Europe et d'Asie.
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Des industriels sous pression
Pour les fabricants et les conditionneurs locaux, la situation devient difficilement tenable.
Le polyéthylène téréphtalate (PET), massivement employé pour la flaconnerie, a grimpé de 30 %, tandis que le polyéthylène haute densité (PEHD), utilisé pour l'eau de Javel ou la lessive, a vu son prix multiplié par deux et demi, voire trois.
De plus, les substances actives comme les tensioactifs enregistrent des hausses atteignant 50 % depuis le début de l'année.
Axel Dormoy, gérant de la société Procade et président de Prochimie Industrie, détaille l'impasse dans laquelle se trouvent les producteurs :
Les conflits armés désorganisent la logistique et réduisent la disponibilité des produits. Le pétrole ayant grimpé, tous ses dérivés comme le plastique ont subi des augmentations considérables. Sur 20 à 30 % de notre coût matière globale, les hausses sont phénoménales. Nous sommes contraints d'appliquer de légères répercussions, de l'ordre de 5 % auprès des distributeurs, qui les répercutent à leur tour sur le client final. Si nous ne répercutons pas ces coûts, l'entreprise et les emplois qui en dépendent sont menacés à terme. Pour un flacon de lessive vendu autour de 10 euros, cela représente environ 50 centimes supplémentaires. Prise isolément, la somme semble modeste, mais cumulée à l'essence et aux autres hausses du quotidien, cela pèse lourdement sur le budget des ménages.
Une inflation appelée à durer
Tant que les tensions internationales et le conflit au Moyen-Orient ne connaîtront pas d'apaisement durable, les experts et acteurs du secteur s'accordent à dire que les cours du pétrole, du plastique et du fret maritime maintiendront une pression ascendante.
L'inflation subie en rayon ne relève plus d'une simple secousse passagère, mais d'une répercussion en chaîne appelée à s'inscrire dans le temps.







