Black-out d’octobre 2024 : les prévenus entendus par le tribunal de Pointe-à-Pitre, le procès prend du retard
Au troisième jour d'audience au tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, les débats n'ont pas pu être conclus, ce jeudi 25 juin, en raison d'incidents répétés, dont une demande de récusation des juges déposée par la défense des 14 agents EDF-PEI. Le procureur et les avocats de la défense devront encore plaider lors d'une prochaine audience.
Trois jours de procès, et le bout du tunnel n'est pas encore en vue. Le procès du black-out d'octobre 2024, qui implique 14 agents d'EDF-PEI poursuivis devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, n'a pas trouvé son épilogue ce jeudi 25 juin.
La journée, pourtant dédiée à l'audition des derniers prévenus, à celle de témoins et aux plaidoiries des parties civiles, a été émaillée d'incidents qui ont retardé les débats. Le procureur n'a pas encore pu requérir, et les avocats de la défense n'ont pas encore plaidé.
Une récusation des juges
La défense a déposé une demande de récusation contre les magistrats en charge du dossier, les jugeant trop partiaux. Le bâtonnier Roland Ezelin, l'un des avocats des prévenus, explique cette démarche :
La défense a commencé avec une expression dès le début de l'audience où on avait renvoyé des débats sur intérêt civil comme si la condamnation était déjà intervenue. Il se trouve que l'un de nos clients a ressenti, comme nous, qu'il n'y avait pas d'impartialité et qu'un juge doit être indépendant et impartial. Il y a à la disposition de ceux qui ressentent ce sentiment une procédure qui est celle de la récusation. Par conséquent, il a saisi le premier président. On attend la décision du premier président, mais il est vrai que le simple dépôt d'une demande de récusation n'arrête pas le procès et ne suspend pas davantage la procédure.
Les parties civiles dans l’attente
Sur le fond, la difficulté du dossier est l'établissement d'un lien de causalité entre la panne et ses conséquences matérielles, mais aussi humaines. Le parquet s'appuie notamment sur des échanges dans des groupes privés, avant et après les faits, pour étayer la faute des agents.
La défense, elle, conteste les responsabilités, notamment sur les dispositifs de secours qui n'ont pas fonctionné, alors que des pannes antérieures avaient déjà eu lieu.
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Parmi les parties civiles, une famille dont la mère est décédée après être restée bloquée deux jours dans son lit médicalisé pendant le black-out. Son avocate, Maître Caroline Alix, a décrit des conditions indignes :
Elle était hospitalisée depuis deux jours à domicile en fin de vie. L'hôpital avait accepté de mettre en place un lit médicalisé avec un matelas gonflable qui est resté bloqué en position assise pendant deux jours, ce qui était très inconfortable. Le matelas commençait à se dégonfler, donc elle se repliait sur elle-même, elle aurait pu s'étouffer. Elle souffrait d'occlusion intestinale, donc la position assise était particulièrement douloureuse pour elle. Le lit est resté bloqué en hauteur, donc pour les soins, elle n'a pas pu faire le nécessaire. Il n'y avait pas d'eau chaude, pas d'électricité, des risques d'incendie. Elle aurait été seule sans la présence de ses enfants, ça aurait pu être dramatique.
Face aux longs débats et les multiples éléments de procédure soulevés depuis plusieurs jours, les juges ne devraient pas rendre leur décision à l'issue des plaidoiries. L'audience se poursuit vendredi dès 10h00.
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