Travailleurs indépendants : entre engouement et précarité
Depuis la création du statut d’autoentrepreneur en 2009, le nombre de travailleurs indépendants ne cesse de croître. Aujourd’hui, ils sont 4,4 millions en France, avec une progression marquée dans les services aux entreprises, où leurs effectifs ont plus que doublé en dix ans. Mais la réalité derrière les chiffres est plus contrastée.
Les activités exercées sont très diverses — de l’agriculture aux professions libérales, en passant par le commerce ou la santé — et les niveaux de revenu varient fortement. En 2022, le revenu moyen d’un travailleur indépendant s’élevait à 2 420 € mensuels. À l’inverse, les micro-entrepreneurs, souvent en activité secondaire, touchent en moyenne seulement 670 € par mois. Dans le secteur de la santé, les écarts sont frappants : un professionnel indépendant peut gagner jusqu’à 5 770 €, tandis qu’un coiffeur déclare en moyenne 1 600 € mensuels.
Au-delà des revenus, l’étude souligne un phénomène inquiétant : un quart des indépendants ne sont pas réellement autonomes. Leur activité repose sur un seul client, fournisseur ou une plateforme, les plaçant dans une situation de dépendance économique. Ainsi, 12 % d’entre eux verraient leur activité gravement menacée en cas de rupture de cette relation commerciale.
Le casse-tête fiscal de la Guadeloupe
En Guadeloupe, certaines voix s’élèvent pour dénoncer un cadre fiscal inadapté aux réalités locales. Dominique Virassamy, président de l’association SNEG, milite pour une réforme en profondeur.
Il faut faire une expertise réelle de la situation des auto-entrepreneurs. Le premier problème, c’est que le gouvernement, en 2009, a instauré une taxation sur le chiffre d’affaires, ce qui signifie que les auto-entrepreneurs sont imposés avant même d’avoir couvert leurs charges. À l’inverse, les entreprises classiques sont taxées sur les bénéfices, une fois les dépenses déduites
Dominique Virassamy plaide pour une mission parlementaire sur le sujet, afin de revoir les modalités de taxation en Outre-mer et d’adapter les seuils et les taux aux réalités économiques locales. Il déplore également le maintien de pratiques obsolètes par la Sécurité sociale et pointe les dysfonctionnements d’un logiciel de calcul des cotisations, jugé "vérolé" et source de créances qu’il qualifie "d’insincères".
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





