Fin de la campagne sucrière en Guadeloupe : un bilan historiquement bas à 312 000 tonnes récoltées
La campagne sucrière s'achève ce mercredi (8 juillet) en Guadeloupe sur un bilan historiquement bas avec seulement 312 000 tonnes de canne récoltées. Malgré une bonne richesse en sucre, cette chute des volumes entraîne de lourdes pertes financières pour l'usine Gardel.
Ce mercredi 8 juillet vient officiellement marquer la fin de la campagne sucrière.
Selon les premières estimations, si la richesse en sucre est jugée satisfaisante, les premiers bilans font état d'une très nette baisse des volumes de canne récoltés (le tonnage) par rapport aux années précédentes.
Antoine Pirbakas, agriculteur à Petit-Canal depuis plus de 30 ans, a exploité au moins neuf hectares de canne, en cette année 2026.
Un bilan riche, mais contrasté
C'est un bilan contrasté, selon lui, marqué par une bonne richesse, mais une récolte moins abondante que l'an dernier.
La récolte a été plutôt bonne cette année, mais d'un autre côté, le tournage s'est fait en deux temps. L'année dernière, j'avais atteint 800 tonnes, alors que cette année, je tourne autour de 480 tonnes.
Le tonnage reste décisif
Même constat du côté de l'interprofession qui rappelle que la rémunération des planteurs dépend avant tout du tonnage de cannes. Alex Bandou, secrétaire général de l'Union des producteurs de Guadeloupe, apporte des précisions sur ce point.
Il ne faut pas oublier que la richesse saccharine n'intervient aujourd'hui qu'à hauteur de 30 % dans le prix de la tonne de canne. Autrement dit, on peut avoir une excellente richesse, si le volume (le tonnage) n'est pas là, on ne gagne pas d'argent.
L'an dernier, en Guadeloupe, au total, un peu plus de 400 000 tonnes de canne avaient été récoltées, avec une richesse comprise entre sept et huit.
Cette année, la récolte avoisine les 312 000 tonnes, pour une richesse similaire. Un chiffre historiquement bas, selon Nicolas Philippot, directeur de Gardel.
Du côté de Marie-Galante, un peu plus de 39 000 tonnes de canne ont été récoltées, là aussi en baisse par rapport aux années précédentes.
L'espoir d'un plan de relance
Pour le directeur de Gardel, cette baisse n'est cependant pas une fatalité. Avec un plan de relance, notamment pour les replantations et les engrais, la filière peut rebondir.
Lorsqu'on regarde des années qui ont été historiquement, elles aussi, basses, je pense à 1998, où on avait 343 000 tonnes de canne. Je pense, par exemple, à 2013, où on avait 385 000 tonnes de canne. On s'aperçoit que sur les années qui ont suivi, par exemple, l'année suivante, 2014, on est remonté à 509 000 tonnes de canne et 1999, après l'année 1998 dont je viens de parler, on est remonté à 567 000 tonnes. Tout ça pour dire que quand il y a un plan de relance qui est mis en place, avec une aide qui est mis en place sur les replantations, sur les entretiens, sur les engrais, les amendements, etc, on est capable de redresser le tas de cannes.
De lourdes pertes financières
Avec moins de canne récoltée, la production de sucre devrait également reculer, ce qui pèse lourdement sur l'activité de l'usine Gardel :
Effectivement, la conséquence d'une faible récolte, c'est une très faible production de sucre. Cela veut dire que pour Gardel, on est à peu près à 10 000 tonnes en dessous de ce qu'on avait prévu initialement. Pour donner un chiffre, on devrait terminer la campagne avec une production de 24 000 tonnes de sucre, alors qu'une année normale, on produit plutôt 40 000 tonnes. Donc, on est à peu près 15 000 tonnes en deçà de ce qu'on est habitué à faire. Fatalement, cela veut dire qu'on va perdre de l'ordre de 25 à 30 % de chiffre d'affaires. Et cela dans un contexte lui-même extrêmement compliqué, puisque les prix du sucre sont historiquement bas : ils ont baissé en deux ans de 50 %. Donc, 25 % de volume en moins et 50 % de valeur en moins : Gardel est effectivement dans une situation difficile.
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