Deux Guadeloupéens jugés pour maltraitances ayant entraîné la mort d’une fillette polyhandicapée de 7 ans
Deux Guadeloupéens sont jugés aux assises du Loiret pour des maltraitances, privations de soins et agressions sexuelles ayant entraîné la mort de Keysha, 7 ans, en février 2022. L’avocate générale a requis 17 ans de réclusion contre la mère et 7 ans de prison contre le beau-père.
Deux Guadeloupéens sont jugés jusqu’à ce mardi 29 septembre par la Cour d’Assises du Loiret, à Orléans, pour des faits de privations de soins et de nourriture ayant entraîné la mort, ainsi que pour des violences physiques et sexuelles commises sur une fillette polyhandicapée.
Un procès pour des actes de cruauté
La petite Keysha est décédée le 16 février 2022 à l’âge de 7 ans, à Gien (Loiret), après des mois de mauvais traitements infligés par sa mère et son beau-père.
L’avocate générale a réclamé la reconnaissance de culpabilité des deux accusés.
La Cour d’Assises examine le martyr de la petite Keysha.
Née en Guadeloupe en août 2014, grande prématurée et polyhandicapée, la fillette a principalement grandi en famille d’accueil dans l’archipel jusqu’au 31 juillet 2021, date à laquelle sa mère, Cindy Benin, qu’elle n’avait pas revue depuis plus de trois ans, en récupère la garde, marquant le début de son calvaire.
Bien que résidant dans un foyer d’accueil, la famille connaît un quotidien rythmé par des violences physiques et verbales entre la mère et le beau-père, au sein d'un appartement inadapté aux besoins spécifiques de l'enfant.
Les secours sont régulièrement sollicités pour des saignements aux oreilles, des mains gonflées, une fracture ou des plaies à la tête constatés sur Keysha, des blessures que les parents attribuent à des chutes causées par son handicap.
Violences, négligence vitale et constat des légistes
Si Cindy Benin reconnaît avoir levé la main sur sa fille sans tout expliquer, le beau-père, Jimmy L., nie l'intégralité des faits, affirmant n'avoir rien vu, rien entendu et rien fait.
Parallèlement, l’enfant est privée de soins indispensables et souffre de malnutrition jusqu’au soir du 16 février 2022, où elle succombe à une obstruction gastrique après quinze jours de souffrances et de diarrhées répétées pour lesquelles les parents n’ont pas consulté de médecin.
L’autopsie révélera des traces de fractures sur trois côtes, des marques de ceinture et des hématomes, notamment un sous-dural à la tête datant de moins de 48 heures.
Au cours de la procédure, Cindy Benin a également avoué avoir commis un acte sexuel bucco-génital sur sa fille, qu’elle ne parvient plus à dater précisément.
Dans ses réquisitions, l’avocate générale a dénoncé :
Un acharnement, en la violentant, la violant et en la laissant dépérir faute de soins.C’est un corps à bout de souffle qui a succombé.
Elle a réclamé des peines de 17 années de réclusion criminelle contre Cindy Benin, déjà détenue, et de sept ans avec mandat de dépôt contre Jimmy L., qui comparaît libre, tout en soulignant le profil inquiétant des accusés.
Il y a quelques mois, lors d’une visite au parloir du centre pénitentiaire, ces derniers ont accompli un acte sexuel devant leur fille commune alors âgée de 6 ans, qui a depuis été placée par les services de la protection de l’enfance.

