Au Marigot, l'invasion des sargasses paralyse le port et cloue les marins-pêcheurs à quai

Par 02/09/2026 - 06:51 • Mis à jour le 04/09/2026 - 12:43

Au Marigot, les arrivages massifs de sargasses bloquent les navires au port, détruisent les moteurs et paralysent l'activité commerciale des marins-pêcheurs. Face à des odeurs insupportables et des pertes financières accumulées, la municipalité annonce le déploiement futur de barrages expérimentaux.

    Au Marigot, l'invasion des sargasses paralyse le port et cloue les marins-pêcheurs à quai

La commune subit des échouages massifs de sargasses qui stagnent dans le bassin et provoquent de fortes émanations toxiques.

Une situation devenue insoutenable pour les professionnels de la mer, régulièrement contraints de rester à terre.

Ils alertent depuis plusieurs années les élus et les collectivités. Faute de solutions concrètes, beaucoup se disent désormais résignés.

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Un port asphyxié et des marins à quai

Cynthia Yerro, la maire fraîchement élue de la commune, a promis des actes, notamment l’installation de dispositifs expérimentaux. Ce projet figure parmi ses priorités, mais tarde à se concrétiser :

Depuis notre arrivée, nous avons quand même fait un certain nombre d'interventions, et notamment le dragage du site, qui leur permet aujourd'hui d'avoir un meilleur accès et une meilleure sortie sur le port. Maintenant, ce n'est pas suffisant, puisque comme les arrivages continuent, c'est un secteur qui s'embourbe assez rapidement. Nous aurons prochainement l'installation d'un barrage au niveau du bassin, qui va permettre justement de le sécuriser. Et puis surtout de sécuriser aussi l'espace, puisque c'est surtout à cet endroit que les algues viennent se loger et ne repartent pas. C'est leur stagnation qui entraîne la putréfaction et donc les émanations d'odeurs.

Marin pêcheur du Marigot 

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Le sentiment d'abandon des pêcheurs

Des étales vides et des bateaux cloués au quai. Comme de nombreux confrères du Marigot, François Narbonnais ne peut plus sortir en mer. Depuis trois semaines, les moteurs de son navire ont été détruits par les sargasses :

Il y avait plein de sargasses dans la baie. On n'a pas d'indemnisation, on n'a aucune ressource, on n'a rien. On vit avec les sargasses, on n'arrive pas à s'en sortir et on a des trucs à payer : des box, l'eau, de la lumière. Ça commence vraiment à urger parce que là, ce n'est pas évident.

Un constat critique qu’il dénonce depuis plus de 16 ans, sans voir d'évolution. Aujourd’hui, il ne croit plus aux annonces et exige des mesures immédiates :

Personne ne se rend compte. Tout le monde veut avancer, mais nous, on nous laisse là. Vous imaginez qu'on ne va pas travailler, on est là, personne ne veut nous voir, personne ne veut nous dire quoi que ce soit. Il faut quand même voir ce qu'on subit, ce qu'on vit. Lorsqu'il y a des sargasses, venez nous voir, même une heure de temps. Vous allez comprendre ce qui se passe. Je sais que nous sommes oubliés, mais il faut quand même penser qu'on paie des impôts, des taxes, tout. Nous sommes des citoyens comme tout le monde.

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Des promesses face à l'urgence économique

La municipalité affirme avoir conscience de la détresse des professionnels.

Conformément à ses engagements de campagne, Cynthia Yerro tente de déployer des barrages en bambou, bien que les démarches administratives ralentissent le processus :

Il faut laisser le temps à l'administration de faire les démarches nécessaires. Nous aurons prochainement la mise en place d'un barrage expérimental développé par un Martiniquais et qui sera géré aussi dans une convention avec les marins-pêcheurs de la commune. À plus long terme, nous avons l'installation d'une zone de stockage sur la commune du Marigot. Nous essayons de faire les choses correctement. Il est question pour nous aussi de poser des bases sûres et pérennes.

En attendant, les marins-pêcheurs prennent leur mal en patience. Chassée par les effluves insupportables, la clientèle a déserté le secteur, mettant l'activité économique de la pêche quasiment à l'arrêt.

Selon le bulletin de Météo-France du lundi 31 août 2026, la Martinique bénéficie d'une accalmie temporaire.

La majeure partie de l'île est en risque faible ou nul, à l'exception du Sud Atlantique placé en niveau moyen.

Si la récente perturbation tropicale a disloqué les radeaux sur la côte, de longs filaments d'algues situés à l'est de la Barbade devraient toucher le littoral atlantique d'ici la fin de semaine.

À plus long terme, la bascule saisonnière s'amorce avec un détournement progressif des masses vers l'Afrique de l'Ouest.


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