Aéroport Aimé Césaire : un trafic aérien en demi-teinte au premier semestre 2026
La Société Aéroportuaire Martinique Aimé Césaire (SAMAC) a dévoilé son bilan de trafic pour le premier semestre 2026, et les chiffres témoignent d'une activité quasi stable par rapport à l'an dernier, mais avec de fortes disparités selon les liaisons. Si la ligne Paris/Fort-de-France reste la locomotive de l'aéroport, plusieurs destinations accusent un net recul.
Au début de l'année, rien ne laissait présager un semestre 2026 aussi mitigé. Les données du bilan semestriel délivré par la SAMAC parlent d'elles-mêmes : 1 022 641 passagers ont transité par l'aéroport Aimé Césaire du Lamentin entre janvier et juin, contre 1 020 970 sur la même période en 2025, soit un écart d'à peine 1 600 voyageurs.
Une quasi-photocopie de l'année précédente, à quelques exceptions notables près.
La baisse du trafic entre l'Hexagone et la Martinique continue de s'accentuer, tout comme celle entre la Guadeloupe et la Martinique, où le recul est cette fois beaucoup plus marqué. La disparition de la compagnie Air Antilles en début d'année 2026 serait, selon toute évidence, l'une des principales causes de cette chute notable du trafic inter-îles. Même tendance pour la liaison entre la Guyane et la Martinique, également en repli.
À partir de mars-avril, le trafic mensuel de passagers a entamé une chute continue, jusqu'à atteindre 111 624 passagers en juin, soit 11 000 de moins qu'en 2025 à la même période, et 26 000 de moins qu'en 2019, avant la crise du Covid.
La ligne Paris/Fort-de-France pénalisée
L'attention reste portée sur la liaison Paris/Fort-de-France, qui demeure le moteur du trafic de passagers de l'aéroport. Si le trafic global n'a que légèrement diminué sur cette ligne, c'est du côté des arrivées que le recul interpelle davantage. La Martinique a accueilli moins de touristes en provenance de l'Hexagone sur ce premier semestre 2026.
Nathalie Sébastien, présidente du directoire de la SAMAC, avance plusieurs explications à ce phénomène :
Les départs se sont faits beaucoup plus tardivement. Plusieurs choses peuvent l'expliquer : peut-être ce sentiment d'incertitude par rapport au contexte global, et aussi une fin d'année scolaire plus tardive, notamment en lien avec la période du baccalauréat cette année. On n'a pas encore les résultats consolidés pour le mois de juillet, on va voir ce que donne la deuxième quinzaine.
Une hausse vers l’international
Les destinations internationales tirent leur épingle du jeu comme Montréal, Québec ou Miami, qui permettent de rééquilibrer les statistiques grâce à un trafic en augmentation, aussi bien dans le sens des arrivées que des départs.
Reste désormais à savoir comment évoluera la fréquentation à l'approche du second semestre, qui devra se montrer meilleur pour rééquilibrer et redonner des couleurs à un bilan jusqu'ici plutôt pâle.

