Économie : le bilan 2025 de l'IEDOM pointe un tourisme en hausse et un secteur du BTP en difficulté
L'IEDOM a présenté son rapport annuel de l'année 2025 sur l'économie de la Guadeloupe. Si le tourisme progresse de 4 % et que la création d'entreprises atteint une hausse, le secteur du BTP subit une lourde chute et la crise de l'eau paralyse l'activité.
Comment se porte l'économie de la Guadeloupe ? Entre résilience, paradoxes et urgences structurelles, l’IEDOM a présenté ce mardi après-midi (16 juin) son traditionnel rapport annuel de l'année 2025.
Ce document dresse le portrait d'un territoire qui s’efforce de maintenir son cap malgré une conjoncture incertaine.
Une économie à deux vitesses
Au-delà de la simple conjoncture des affaires, ce bilan met en lumière des chantiers vitaux, actuellement au point mort, qui hypothèquent aujourd'hui notre avenir économique.
D'un côté, le secteur touristique affiche une dynamique positive avec une hausse de 4% du nombre de visiteurs par voie aérienne.
De l'autre, le BTP s'enfonce dans la crise : les ventes de ciment s'effondrent de 6,2% et les permis de construire plongent de plus de 21%. Le directeur de l'IEDOM , François Groh, détaille les grands axes de ce bilan :
Il y a un record absolu avec 9 150 entreprises dans l'année, alors qu'avant crise, on en créait en moyenne 6 000. Cela veut dire qu'il y a un dynamisme entrepreneurial, et donc, de la création de valeur (...). Structurellement, l'économie de la Guadeloupe va appeler notre attention sur quelques points. La démographie diminue. Nous sommes passés et en négatif pour le solde naturel et pour le solde migratoire. Ça se poursuit, ça fait longtemps que ça dure et on n'arrive pas encore à enrayer cette difficulté. Un point qui attire notre attention particulièrement, c'est la problématique de l'eau et de l'assainissement. Ça devient un problème majeur qui impacte l'économie et qui va impacter l'image de la destination Guadeloupe, en plus de l'économie intrinsèque où il faut de l'eau pour produire des bâtiments, il faut de l'eau pour enseigner. Le système bancaire en 2025 a accru ses engagements, a poursuivi les placements pour les particuliers et pour les entreprises et surtout, s'est consolidé en faisant des bénéfices. Et les bénéfices permettent aux banques de mieux prêter sur la place en plus grande sécurité.
Engager les projets déjà financés
Pour que ces entreprises se maintiennent, les infrastructures de la Guadeloupe doivent être à la hauteur. C'est précisément là que le rapport identifie le principal point noir : la gestion de l'eau et de l'assainissement.
Avec un réseau qui perd 53% de sa ressource en fuites et des stations d'épuration non conformes à hauteur de 61%, cette crise pénalise lourdement l'activité économique des usagers.
Pour autant, le directeur François Groh demeure résolument optimiste pour les mois à venir, à la condition de surmonter l'inertie et de lancer les chantiers d'ores et déjà financés :
Ces chantiers sont, pour la plupart sont financés, il faut les engager et les mener. C'est vraiment un appel à engager les projets pour que 2026 soit une année de relai de croissance pour l'économie, et notamment pour le bâtiment, qui continue à souffrir en ce début d'année.
C'est là tout le paradoxe de ce rapport 2025. La Guadeloupe démontre une réelle volonté d'entreprendre, mais ses moteurs traditionnels demeurent bridés par des fragilités structurelles.
Pour l'IEDOM, le message est clair : l'avenir économique de l'île en 2026 ne dépend plus des budgets alloués sur le papier, mais de la concrétisation effective des chantiers sur le terrain.

