[Série - Trésors en commune] Visite du domaine de la Pagerie aux Trois-Îlets
[EPISODE 23/34] Durant les grandes vacances, la rédaction de RCI vous emmène à la (re)découverte de la Martinique à travers sa série « Trésors en commune » : chaque jour, du lundi au vendredi, cap sur une commune différente pour découvrir un lieu ou une activité qui vaut le détour. Aujourd'hui, direction les Trois-Îlets, pour visiter le domaine de la Pagerie.
Il s'agit d'une ancienne habitation sucrière, lieu de naissance et demeure pendant quelques années de Joséphine de Beauharnais, qui deviendra quelques années plus tard impératrice de France en épousant Napoléon Bonaparte.
En 1944, le domaine de la Pagerie est racheté par le docteur Robert Rose-Rosette. Dix ans plus tard, le premier espace d'exposition du musée de la Pagerie est ouvert. Propriété du Conseil général en 1984, puis de la CTM en 2015, le site veut désormais aussi s'emparer du sujet de l'esclavage et mettre à l'honneur les esclaves du domaine et leur histoire.
Jérémie Victor, guide et régisseur du musée, nous en a ouvert les portes.
Une habitation sucrière
La visite débute par une présentation générale du lieu, pensée pour donner aux visiteurs une vue d'ensemble du domaine.
Le premier espace, ici, très simple : qu'est-ce qu'une habitation sucrerie ? Ça permet aux visiteurs de découvrir l'habitation en elle-même, ses différents espaces, mais surtout avec un petit plan qui permet de se projeter.
La visite se poursuit ensuite dans une autre pièce.
Ici, deuxième espace, que j'appelle "Terre de Haut" pour plaisanter avec les visiteurs. On a un gros titre très important "Colon propriétaire créole". Joséphine n'est pas métisse, c'est une créole, donc blanche, née sur une colonie. Aujourd'hui, on dirait que c'est une béké. Cette partie traite de son enfance, de son éducation, mais aussi de sa controverse : Joséphine a bel et bien été impératrice, mais elle a aussi été propriétaire d'habitation. Elle est donc liée à la période sucrière, celle de l'esclavage à la Martinique.
Une place aux esclaves du domaine
L'habitation regorge d'histoires, que Jérémie Victor s'attache à partager avec les visiteurs, notamment celle des hommes et des femmes qui y ont travaillé.
À l'apogée de l'habitation, on comptait 350 esclaves, et vers la fin, à peu près 115. Ce qui est important, dans la cuisine, c'est que les visiteurs peuvent découvrir l'inventaire de 1815 : on y retrouve leur prénom, leur âge, leur métier, mais aussi leur valeur à la revente. C'est très important. L'objectif, c'est de ne pas les oublier, mais surtout de leur donner une place, en permettant à chacun de faire connaissance avec eux.
Le domaine de la Pagerie se visite au tarif de 4 euros par adulte, gratuit le dernier samedi du mois.
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