Manque d’effectifs, violences, saturation : les policiers manifestent à Fort-de-France
Une quarantaine de policiers ont répondu à un appel national en se rassemblant samedi 31 janvier devant l’hôtel de police de Fort-de-France. Ils dénoncent un manque criant de moyens humains et matériels, dans un contexte sécuritaire alarmant.
Face à la montée de la violence, les forces de l’ordre disent être à bout. Dès la matinée de samedi, une quarantaine de personnes se sont réunies devant l’hôtel de police de Fort-de-France à l’appel du syndicat Alliance Police Nationale. Une manifestation pour alerter sur la dégradation des conditions de travail et réclamer des renforts d’effectifs, indispensables selon eux pour assurer leurs missions.
Une insécurité jugée « majeure » sur le territoire
En Martinique, le sentiment d’insécurité continue de s’installer. Les policiers ont d’ailleurs pu compter sur le soutien d’une partie de la population, consciente de la gravité de la situation. Les chiffres avancés par les forces de l’ordre sont préoccupants.
Il y a eu 40 morts pour l’année 2025. Ça veut dire un mort tous les dix jours, sans compter un blessé par arme, un homme, tous les deux ou trois jours. On est dans une crise sécuritaire majeure en Martinique comme dans l’Hexagone. Ceux qui ne le voient pas, c’est qu’ils ne veulent pas le voir ou qu’ils veulent l’instrumentaliser. Il y a des incultes, des irresponsables qui voudraient instrumentaliser cette insécurité pour des raisons politiciennes.
Des effectifs en baisse
Les policiers dénoncent une situation de saturation, notamment au sein de la police judiciaire, où les dossiers s’accumulent faute de personnel suffisant selon un agent de la STPG (service territorial de police judiciaire).
On est en manque d’effectifs cruel, puisqu’aujourd’hui tout est judiciarisé et donc les dossiers s’accumulent dans les bureaux. Du coup, on ne peut pas rendre le service pour lequel on est payé à la population. Pas qu’on ne le veuille pas, mais on n’a pas assez de personnel. On est passés de 210 à 170 fonctionnaires en police judiciaire. On a perdu du personnel et on demande des renforts au niveau judiciaire pour pouvoir simplement traiter les dossiers. Il faut se rendre compte qu’on travaille aussi sur la voie publique. Je parle de surveillance nocturne, d’enquêtes judiciaires qui peuvent être très longues. Des constatations, malheureusement, sur le département criminel, puisqu’on a un meurtre pratiquement toutes les semaines.
La manifestation a débuté par une minute de silence, en hommage à Samuel Tavernier, maire du François récemment décédé.
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