La CTM appelle à une mobilisation collective contre les violences et le narcotrafic
À la veille d'une rencontre exceptionnelle réunissant élus et services de l'État, Serge Letchimy et Josette Manin ont présenté les pistes envisagées pour lutter contre les violences et le narcotrafic en Martinique : vidéosurveillance, formation policière, contrôle des frontières.
À la veille de la rencontre pour une mobilisation collective contre les violences et le narcotrafic, le président du Conseil exécutif de Martinique, Serge Letchimy, accompagné de la conseillère territoriale Josette Manin, a convié la presse hier matin, mardi 16 juin, à l'hôtel de la Collectivité territoriale de la Martinique, à Fort-de-France.
L'occasion de présenter les grandes lignes de ce rassemblement exceptionnel, auquel sont conviés les 34 maires de Martinique, des parlementaires, des présidents d'EPCI, des services de l'État et d'autres acteurs du social, de la justice ou encore de l'éducation.
Des mesures concrètes à l'étude
Plusieurs mesures et pistes devraient être présentées lors de cette rencontre : l'installation de caméras de vidéosurveillance dans plusieurs communes de l'île, le déblocage de fonds pour la formation d'agents de police, le renforcement des moyens dédiés à la douane, ou encore la mise en place de filtres lors des entrées sur le territoire par avion et par bateau.
Pour le président du Conseil exécutif de la Martinique, cette rencontre doit permettre de fédérer les énergies autour d'un même constat.
Il est très important de réunir tous les élus de la Martinique demain ici, pour qu'on puisse parler martiniquais, qu'on puisse demander à l'État d'assumer ses responsabilités. Certes, il n'y a pas que l'État, il y a nous aussi. On a déjà fait une première tentative, avec un contrat territorial de lutte contre la délinquance qui a été signé avec monsieur Darmanin. Il faut faire des propositions extrêmement concrètes.
Pour proposer des solutions, Serge Letchimy s'appuie sur le terrain.
Je prends un exemple : est-ce qu'on a un réseau d'alertes qui puisse permettre de toucher très rapidement une famille qui se trouve en situation de détresse ? Est-ce qu'on a actuellement pensé qu'il faut complètement fermer les 45 portes d'entrée de drogue sur les côtes de la Martinique ? Est-ce que les policiers et les gendarmes sont suffisamment renforcés pour répondre à l'ampleur du problème, pour répondre au quotidien du problème ? C'est peut-être le cas, mais pour l'ampleur du problème, non, je ne pense pas. Il faut aller beaucoup plus loin.
« Un cri d'alarme »
Pour Josette Manin, conseillère territoriale et élue référente en charge de la Sécurité et de la Prévention à la CTM, le travail engagé doit désormais être amplifié.
On n'a pas arrêté, effectivement, de travailler avec les communes, de travailler avec la justice, de travailler avec l'État, sur les mesures que nous avions envisagées tous ensemble. Je veux, par exemple, citer toutes les mesures qu'on a mises en place dans les collèges, avec le rectorat, pour protéger les scolaires, ou avec la justice sur la question de la prison. Donc, pour nous, c'est un cri d'alarme pour dire qu'on a besoin de plus.
À l'issue des travaux du 17 juin 2026, une plateforme de propositions communes sera élaborée par la CTM, en vue de la Conférence régionale de sécurité prévue en Martinique au mois de juillet.
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