Déficit du SIS Martinique : « À terme, c'est la mort des secours », s'inquiètent les syndicats

Par 04/09/2026 - 11:14 • Mis à jour le 04/09/2026 - 17:00

Réunis à l’hôtel de l’Assemblée Territoriale pour leur rentrée sociale ce jeudi 3 septembre, la direction et les partenaires sociaux du Service d’incendie et de secours de Martinique (SIS) tirent la sonnette d'alarme, avec un déficit de 12 millions d’euros pour boucler son budget 2026.

    Déficit du SIS Martinique : « À terme, c'est la mort des secours », s'inquiètent les syndicats

Direction, gouvernance, partenaires sociaux et représentants du personnel étaient réunis ce jeudi (3 septembre) à l’hôtel de l’Assemblée Territoriale pour la rentrée sociale des sapeurs-pompiers.

Au cœur des échanges figure la situation financière alarmante du Service d’incendie et de secours (SIS) de la Martinique : 12 millions d’euros manquent à l'appel pour équilibrer le budget 2026.

Lire aussi : Une rentrée sociale en pleine crise pour le SIS de Martinique, 12 millions d'euros à trouver

Rentrée sous le signe de la crise budgétaire

Le préfet de Martinique a été saisi du dossier et une première réunion s'est tenue ce mercredi entre la Préfecture et la direction du SIS.

À l'échelle nationale, un mouvement de contestation est annoncé pour le 8 septembre prochain, bien que les syndicats locaux ne se soient pas encore prononcés sur leur participation.

Pour assurer ses missions, le SIS Martinique s'appuie sur 1 692 sapeurs-pompiers (dont près de 300 professionnels), 75 personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS), 20 centres d’incendie et de secours, ainsi qu'un parc de plus de 190 véhicules et une dizaine d’équipements nautiques.

L'inquiétude croissante des syndicats

Cette impasse financière suscite une vive inquiétude au sein des organisations syndicales, qui redoutent des répercussions directes sur l'organisation des services et la qualité des interventions.

Noël Nestorine, représentant du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels - PATS972 :

Actuellement, nos effectifs couvrent aussi bien le fonctionnement administratif et technique que les interventions opérationnelles sur le terrain. La hausse des effectifs opérationnels permet de garantir le secours à la population martiniquaise. Nos difficultés concernent surtout les fonctions de support : la contrainte budgétaire a entraîné le non-renouvellement de 11 contrats. Ces agents accomplissaient des tâches essentielles au bon fonctionnement du service, et nous ignorons encore quelles seront les conséquences à moyen et long terme de la perte de ces appuis cruciaux.

De son côté, la représentation syndicale alerte sur le risque d'asphyxie du service public. Dwevan Delivry, secrétaire général du Syndicat Force Ouvrière du SIS 972 :

Nos dépenses ont fortement augmenté sous l'effet des évolutions réglementaires et du coût de la vie, tandis que nos recettes stagnent. Ce déséquilibre devait inévitablement se produire et nous bloque aujourd'hui. À terme, c'est la survie même des secours qui est menacée : sans financements suffisants, le SIS ne pourra plus maintenir ses ambulances ni ses fourgons d'incendie. C'est l'ensemble du secours en Martinique qui risque de disparaître. Si l'espoir demeure, c'est la préoccupation et l'incertitude qui prédominent aujourd'hui. Nous attendions des réponses plus concrètes.

À la recherche de leviers de financement

L’urgence consiste désormais à réunir les fonds nécessaires pour clore l’exercice financier en cours, en sollicitant l’État, la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) ou les Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI).

Jean-Claude Ecanvil, président du SIS Martinique :

Une enveloppe de 12 millions d’euros doit nous permettre de tenir, s'inscrivant dans un plan pluriannuel. Dès lundi, une commission de travail siège avec la CTM pour échanger sur la TCSA, qui représente environ 2,5 millions d’euros. Nous sollicitons également nos fonds propres afin d'assurer à nos collaborateurs le versement garanti de leurs salaires. Il est essentiel de tenir un langage de vérité. Si cette stratégie ne suffit pas, nous multiplierons les concertations avec la direction financière de la CTM pour obtenir un soutien renforcé et franchir ce cap.


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