Affaire Lyhanna : une manifestation féministe pour dénoncer le traitement judiciaire des violences sur mineures

Par 21/06/2026 - 08:50

Hier matin (samedi 20 juin), une vingtaine de personnes ont manifesté pour dénoncer les manquements de la justice dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs.

    Affaire Lyhanna : une manifestation féministe pour dénoncer le traitement judiciaire des violences sur mineures

Alors que l’affaire Lyanna continue à défrayer la chronique dans toute la France, les voix s’élèvent aussi en Martinique. Une mobilisation organisée conjointement par des associations féministes de la Martinique et de la Guadeloupe s’est tenue hier (samedi 20 juin), place de l’Enregistrement à Fort-de-France.

Une vingtaine de personnes étaient sur place pour dénoncer les manquements de la justice dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs.

Pour Marie-Christine Vartel, coprésidente de l’Union des femmes de Martinique, l’objectif de la mobilisation était aussi d’alerter la population sur la mise en place d’une « loi intégrale » dans les affaires de violences sexistes et sexuelles, afin de prévenir, signaler et punir plus efficacement les auteurs :

Nous trouvons déplorable de nous retrouver encore une fois, nous, les femmes, les mères de famille, dans des situations comme celles-là. Nous avons entendu le procureur, mais nous lui disons que les dispositifs mis en place sont totalement insuffisants, qu'il va falloir faire mieux. Nous, les associations féministes, faisons le travail à la place des institutions et nous leur demandons de nous accompagner financièrement. On manque de moyens pour accompagner les femmes et les enfants victimes de violences. Donc, la loi intégrale doit être votée à 100% parce qu'elle est nécessaire et nous serons vigilants pour que cette loi soit appliquée.

D’importants dysfonctionnements judiciaires

Lavinia Ruscigni, militante et membre de l’association féministe Culture Égalité, dénonce des dysfonctionnements importants dans le processus judiciaire :

Les signalements ne sont pas pris en compte. Souvent, on bâcle les dossiers, on est débordé, on classe ensuite. Donc, on a très peu de situations où on peut accompagner la victime, réclamer justice et réparer ce qui a été fait. Sur les questions des violences faites aux enfants, quand, par exemple, les situations de prostitution sont avérées sur des enfants de moins de 14 ans, ça doit être classé en viol. Et ça n’arrive jamais. Il y a vraiment un laxisme qui épuise les associations, qui accompagnent les victimes qui sont en quête de justice.

À ce jour, 267 dossiers concernant des violences sexuelles sur mineurs sont actuellement traités par le parquet de Fort-de-France. Ils concernent des viols, des agressions et des atteintes sexuelles sur des mineurs.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags