[VIDEO] Prison de Ducos : le quartier des femmes touché à son tour par la surpopulation carcérale

Par 06/08/2026 - 05:00 • Mis à jour le 06/08/2026 - 07:59

Avec plus de 40 détenues pour seulement 30 places, le quartier des femmes du centre pénitentiaire de Ducos affiche aujourd'hui un taux d'occupation d'environ 140 %. Une situation nouvelle pour cette unité longtemps épargnée par la surpopulation.

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Une unité de plus en plus saturée. Longtemps préservé, le quartier des femmes (QFE) de la prison de Ducos est, en ce mois d'août, lui aussi confronté à la surpopulation carcérale. 

Ouverte en 1996, cette unité spécifique du centre pénitentiaire atteint aujourd'hui un taux d'environ 140 %. Des Martiniquaises, mais pas seulement : un certain nombre de femmes viennent d'ailleurs, interpellées dans des affaires de drogue traitées par la Juridiction Interrégionale Spécialisée de Fort-de-France.

La sénatrice Catherine Conconne s'est récemment rendue au centre pénitentiaire de Ducos, où elle a également visité le Service d'Accompagnement à la Sortie (le SAS), inauguré fin 2025, ainsi que le quartier des mineurs.

Des « mules » de plus en plus nombreuses

Avec plus de 40 femmes incarcérées pour seulement 30 places, le quartier des femmes de la prison de Ducos n'échappe pas à la surpopulation carcérale. Ces dernières années, l'unité de vie s'est progressivement remplie, au gré des interpellations de mules qui se multiplient.

Au moment de la visite de Catherine Conconne, 18 détenues sur 41 étaient de nationalité étrangère, comme l'a constaté la sénatrice :

On a affaire à des femmes souvent qui viennent d'autres territoires. La Martinique est une juridiction particulière, donc on récolte des gens venant d'ailleurs, de Guadeloupe et de Guyane essentiellement. Et là, on se retrouve dans un quartier qui est en surpopulation, avec tout ce que ça entraîne.

Une situation complexe, d'autant que les femmes incarcérées à Ducos ont souvent besoin d'un accompagnement particulier :

Parfois, ce sont des mères d'enfants, des femmes enceintes, des femmes étrangères qu'il faut pouvoir gérer. Là encore, il y a un travail héroïque qui est mené par le personnel pénitentiaire, qui tente au mieux de calmer l'ambiance et de tout faire pour qu'à la sortie, les personnes aient connu une phase de métamorphose effective.

Aucune maison d'arrêt pour femmes

Si la tension carcérale a légèrement diminué ces dernières semaines, Patrick Louvounou, membre de FO Justice, regrette l'absence d'une vraie maison d'arrêt pour femmes en Martinique :

L'inflation carcérale, elle est exponentielle. Il m'est même arrivé d'avoir hébergé près de 50 femmes en détention, ce qui est énorme et difficile. Ça nous empêche d'organiser une meilleure prise en charge, puisque détenues condamnées et détenues prévenues sont mélangées, faute d'organisation. L'étage supérieur, c'est pour les condamnées, l'étage inférieur, c'est pour les prévenues. Quand nous avons des mineures incarcérées, nous les isolons dans une ou deux cellules et évitons tout contact avec les personnes adultes.

L'objectif pour les agents reste de faire appliquer la loi, de prévenir les violences en détention, mais aussi de faciliter la réinsertion des femmes incarcérées, malgré des conditions de travail rendues plus difficiles par la surpopulation.

VIDEOÀ l'intérieur du centre pénitentiaire de Ducos


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