Près de 90 agents mobilisés au centre pénitentiaire de Ducos, après l’extraction dangereuse d’un détenu

Par 06/02/2026 - 07:45 • Mis à jour le 07/02/2026 - 10:23

Les personnels du centre pénitentiaire de Ducos sont actuellement mobilisés ce vendredi. En cause : l’extraction d’un détenu classé “escorte niveau 4”, réalisée sans renforts adaptés selon le syndicat UFAP UNSa Justice, qui dénonce une mise en danger grave des personnels.

    Près de 90 agents mobilisés au centre pénitentiaire de Ducos, après l’extraction dangereuse d’un détenu
Centre pénitentiaire de Ducos - @Aline Druelle

La tension monte ce vendredi 6 février au centre pénitentiaire de Ducos. Près de 90 agents pénitentiaires ont cessé le travail pour exprimer leur colère. Les accès à l’établissement ont aussi été barricadés. 

À l’origine de cette mobilisation, une extraction jugée dangereuse, la veille. Selon un communiqué de l’UFAP UNSa Justice, un détenu classé escorte niveau 4, a été extrait du centre pénitentiaire sous la surveillance de seulement trois agents pénitentiaires. Une configuration qui ne respecterait pas les protocoles de sécurité en vigueur pour ce type de profil.

Le syndicat affirme que les forces de sécurité intérieure avaient été sollicitées, mais qu’aucune main forte n’a été accordée, malgré la dangerosité reconnue du détenu.

Des agents exposés selon le syndicat

L’extraction aurait été maintenue en raison d’une recommandation médicale nécessitant une prise en charge au CHUM. Une situation qui ne justifie pas l’absence de renforts extérieurs selon Stéphane Lordelot, secrétaire général de l’UFAP UNSa Justice Martinique.

Il y a des pneus et des palettes qui jonchent l’allée vers le rond-point de Champigny jusqu’au centre pénitentiaire. Les portes sont actuellement barricadées. Nous manifestons suite à une mission qui a eu lieu hier. Il a fallu procéder à la sortie de détenus vénézuéliens classifiés escorte niveau 4, avec une sortie qui nécessitait impérativement la main forte des forces de sécurité intérieure, notamment la gendarmerie.

Faute de renforts, l’extraction a été menée par trois agents du centre pénitentiaire. Une situation dénoncée comme une mise en danger directe des personnels.

Il y avait une recommandation médicale. Il fallait que ce détenu subisse des examens, sans quoi on tombait dans une situation pouvant toucher au vital. Il devait être conduit au CHUM. Mais ça n’aurait jamais dû être possible sans la gendarmerie. Trois personnels se sont retrouvés en insécurité, en danger de mort, face à un profil reconnu de la criminalité organisée et du narcotrafic.

Après le drame d’Incarville, le personnel pénitentiaire s’attendait à des changements. Pour rappel, le 14 mai 2024, Mohamed Amra s’était évadé lors d’un transfert pénitentiaire. L’attaque armée du fourgon a causé la mort de deux agents.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags