Conflit à Transaglo : le tribunal des référés enjoint la CGTM à « libérer les accès »

Par 13/04/2026 - 17:11 • Mis à jour le 14/04/2026 - 09:45

La décision du juge des référés, saisi par les autorités de transport, Martinique Transport et la Régie des Transports de Martinique, a été rendue à 16h ce lundi (13 avril).

    Conflit à Transaglo : le tribunal des référés enjoint la CGTM à « libérer les accès »

Les salariés de Transaglo doivent libérer les accès des dépôts de bus et du centre technique de l’Etang Z’abricot et du dépôt de bus du TCSP au Lareinty. C’est la décision du juge des référés ce lundi, après 28 jours de grève. À l’issue de l’audience qui s’est tenue ce matin, il constate « l’existence d’un trouble manifestement illicite ».

Il enjoint la CGTM à libérer les accès des sites bloqués à l’Etang Z’abricot (Fort-de-France) et au Lareinty (Lamentin).

Le syndicat a, par ailleurs, interdiction de procéder à un nouveau blocage, indique le juge, sous peine d’expulsion, y compris avec le concours de la force publique, « autorisée à enlever tous les obstacles positionnés dans le but de bloquer les accès ».

Le juge assortit son interdiction, valable jusqu’au 13 juillet, d’une astreinte provisoire de 1000 euros par jour. « Le blocage effectif d’un seul site suffit à faire courir l’astreinte », précise la décision.

Le syndicat est condamné aux dépens, qui ne comprennent pas les frais d’huissier. Il n’a pas, non plus, à payer les frais de procédure (article 700 du code de procédure civile).

« Il n'y a jamais eu aucun barrage »

Une décision qui ne surprend pas Gabriel Jean-Marie, le secrétaire général de la CGTM, même si, pour lui, « il n’y a jamais eu aucun barrage des sites ».

Il n’y a jamais eu de volonté délibérée de perturber la vie des Martiniquais. Nous nous battons pour qu’un contrat, une convention soit respectée. Si les bus ne sont pas sortis, c’est par solidarité des autres salariés avec les salariés de Transaglo 

Des propos qui ont immédiatement fait réagir David Bernard, le directeur général des sociétés Setrac et Madinina Transconnect, l’un des opérateurs du marché, à l’arrêt depuis le 17 mars. 

Je ne peux pas laisser dire ce genre de choses, nos représentants du personnel ne peuvent pas laisser dire ce genre de choses. Pendant 28 jours, nous avons été empêchés de travailler. Nous avons eu de cesse d'interpeller le président de Martinique Transport pour demander de prendre des dispositions pour débloquer les sites, car nous ne sommes pas en grève, nous avions aussi besoin de travailler. Et nous sommes, comme la population, pris en otage. Nous respectons le droit de grève, nous n'avons pas à prendre position pour les motifs évoqués par les syndicats mais nous ne voulons pas nous laisser emporter par ce conflit qui ne nous concerne pas et nous ne voulons avoir à assumer aucune responsabilité dans ce qui s'est passé ces derniers temps

Des salariés pas rassurés après la rencontre avec Martinique Transport

Les salariés grévistes ont, en tout cas, été reçus aujourd’hui, entre 11h et 15h par le président de Martinique Transport, la directrice générale l'avocat de la structure.

Le président de la Régie des Transports de Martinique a participé au début des échanges mais est parti avant la fin.

Pour les salariés, en tout cas, peu d'avancées ou de garanties concrètes, à ce stade, malgré une volonté, pour eux, de « trouver une issue à ce conflit », comme l'explique Stéphane Rierny, membre du CSE de Transaglo :

Ce qui bloque encore, c'est l'harmonisation des salaires. Normalement, ça devait être appliqué au 1er septembre, mais comme ça a été caduc, on attend toujours. On ne peut pas faire le même travail et que tout le monde ait un salaire différent. Il faut repartir sur de bonnes bases. Après ça, il n'y aura plus de raisons pour bloquer le réseau

Dans l’après-midi, c’est le gérant de Transaglo, Emmanuel Phares, qui était lui aussi reçu à l’hôtel de l’Assemblée, à Fort-de-France.

Une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu demain après-midi (mardi 14 avril).

Pour Manuéla Amable-Potiron, présidente de l'association des usagers de transports (AUTM), le transport doit désormais reprendre.

On doit pouvoir circuler librement. S'il y a un problème avec Martinique Transport, qu'ils le règlent mais sans bloquer les dépôts de Martinique Transport, ce n'est plus possible. Cela fait 28 jours, les usagers ont besoin de circuler librement

 


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags