Usage de puffs : les autorités alertent sur une hausse inquiétante chez les adolescents en Martinique
À l’approche des vacances scolaires et du carnaval, les autorités sanitaires, éducatives et les forces de l’ordre tirent la sonnette d’alarme. En Martinique, l’usage de puffs contenant des cannabinoïdes de synthèse progresse chez les collégiens et lycéens, avec des conséquences parfois graves.
Depuis plusieurs semaines, notamment dans le nord atlantique, des malaises touchent de jeunes adolescents, aussi bien dans les établissements scolaires qu’en dehors. En cause : l’inhalation de puffs, ces cigarettes électroniques jetables, qui contiennent des substances psychoactives. Près d’une dizaine de jeunes ont récemment dû être pris en charge par les services d’urgence, après avoir présenté des troubles importants.
Des substances extrêmement puissantes
Malgré les mises en garde répétées, la consommation se poursuit. Un élève de première, déjà sensibilisé aux dangers, a continué à vapoter. La semaine dernière, il a soudainement présenté des difficultés respiratoires, nécessitant une prise en charge médicale. Une situation qui a profondément marqué son beau-père :
Je l'avais déjà questionné auparavant, ça n’a pas loupé parce qu'à chaque fois, je vais lui dire de ne pas faire ça. Il va me dire : Oui, il n'y a pas de problème. ça pose un vrai problème. Ça devient la nouvelle mode de la jeunesse. Là, je reste quand même sidéré que les gars ont réussi à mettre des stupéfiants dedans, et ils vendent ça en vente libre normal.
Commercialisés sous différentes appellations « Spleen », « PTC Pète ton crâne », « Buddha Blue », « JNR », « Spice », « K2 » ces produits contiennent des molécules synthétiques, conçues pour contourner la législation. Leur puissance peut atteindre jusqu’à 200 fois celle du cannabis naturel, ce qui rend leurs effets imprévisibles et dangereux, même à faibles doses.
Une interdiction contournée
Bien que les puffs soient interdites à la vente depuis février 2025, elles continuent de circuler et de séduire un public toujours plus jeune selon Jennifer Caclin, infirmière et conseillère technique auprès de l’Académie de Martinique.
C'est beaucoup plus lisible puisque maintenant, c'est accessible un peu partout. Les ventes se font en extérieur. Les enfants arrivent déjà dans l'établissement, soit en ayant déjà consommé en extérieur ou chez eux. Ils viennent en consultation individuelle et souvent, lors de ces entretiens, les remontées sont faites par ces élèves afin de préciser justement qu'ils font une consommation de puff avec de la spleen, qui est un cannabinoïde de synthèse.
La multiplication des malaises inquiète la communauté éducative et les forces de l’ordre, qui ont engagé plusieurs investigations comme l’affirme le chef d’escadron Goutourneau, commandant de la compagnie de gendarmerie de La Trinité :
Les situations recensées ont donné lieu à ce titre à l'ouverture de plusieurs procédures judiciaires pour avoir la certitude de ce que contiennent ces cigarettes qui sont manifestement issues de transit ou de trafic. Certaines ont été transférées en direction de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie.
Une mobilisation renforcée
Face aux risques, une campagne de sensibilisation renforcée est menée toute la semaine dans l’ensemble des collèges et lycées de l’île à travers :
- des interventions de sensibilisation en lien avec la Maison de Protection des Familles,
- la mobilisation des infirmiers scolaires et de professionnels de santé spécialisés,
- des actions ciblées sur les dangers des cannabinoïdes de synthèse,
- une information renforcée à destination des parents d’élèves,
- la diffusion d’affiches, de supports pédagogiques et de messages adaptés sur les réseaux sociaux.
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