[SÉRIE 1/3] Déserts médicaux en Martinique : un territoire écarté du nouveau plan national
Alors que le ministère de la Santé a lancé un pacte de lutte contre les déserts médicaux le 8 septembre, la Martinique n’a pas été intégrée au dispositif. Une décision incompréhensible pour certains professionnels de santé, alors que de nombreuses communes peinent à maintenir une présence médicale.
Le pacte contre les déserts médicaux prévoit l’envoi de médecins généralistes dans 151 zones rouges identifiées en France et outre-mer. Mais contrairement à la Guadeloupe, à la Guyane ou à Mayotte, la Martinique n’est pas concernée par ce dispositif.
Un choix qui surprend les soignants, face aux difficultés rencontrées dans des communes isolées comme Grand Rivière.
Une présence médicale fragile
Depuis l’an dernier, un cabinet médical a ouvert dans la commune du Nord, en lien avec le centre de santé Calmette à Fort-de-France.
Tous les six mois, un médecin salarié est envoyé pour assurer une permanence hebdomadaire. Depuis juin, c’est le docteur Serge Jean-Laurent, généraliste de 70 ans, qui se charge de cette mission.
C'est un peu le gros problème des médecins en Martinique. En tant que généraliste, c'est sûr que c'est une région un petit peu défavorisée, mais à Grand Rivière, il n'y a pas de médecin, donc forcément, ça pose un problème. Certaines fois, ils doivent consulter plutôt un généraliste qu'un spécialiste.
Des infirmiers toujours mobilisés
À Grand Rivière, la continuité des soins repose en grande partie sur le cabinet infirmier tenu par Mylène Moreau depuis douze ans.
Elle décrit le rôle de relais et de coordination que les infirmiers doivent assumer en l’absence quotidienne de médecin.
Au niveau infirmier, je pense que c'est suffisant. Nous sommes bien rodés à la prise en charge et même à faire plus que nos fonctions initiales. On a un gros rôle de coordination parce que les médecins ne sont pas présents tous les jours auprès des patients, ne connaissent pas tout l'aspect psychosocial, voire familial des patients à soigner. Et c'est essentiel dans la prise en charge.
Demain, dans le deuxième volet de notre série, nous irons à Basse-Pointe, où médecins et pharmaciens doivent absorber un flux constant de patients, faute de renforts dans les communes voisines.
À ECOUTER Le reportage de Morgane Garnier (épisode 1 sur 3)
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