Montée des eaux au Prêcheur : une enquête lancée en septembre pour reloger 104 personnes

Par 22/08/2026 - 06:16

Le projet de relogement des habitants de la commune menacés par la montée du niveau de la mer continue de progresser. D’ici quelques jours, il entre dans une nouvelle étape opérationnelle.

    Montée des eaux au Prêcheur : une enquête lancée en septembre pour reloger 104 personnes
Maisons détruites au Prêcheur. Crédit RL

Le projet de relocalisation des habitants du Prêcheur entre dans une nouvelle phase.

À partir de début septembre, une enquête de terrain est lancée dans la commune pour identifier les 104 personnes considérées comme prioritaires pour leur relogement, qui doit voir le jour sur les hauteurs de Haut Préville.

Une permanence en mairie, et des rencontres chez les familles

Guylène Joseph-Angélique, la maire du Prêcheur, explique comment l’enquête va se dérouler.

C’est le deuxième volet de notre projet de recomposition spatiale. Le premier volet concerne bien évidemment le projet d'école refuge sur lequel nous avons déjà beaucoup avancé, nous avons déjà le permis de construire. Là, nous rentrons dans la phase de construction des nouveaux quartiers destinés à accueillir des personnes qui habitent dans des zones menaçant gravement la vie humaine, c'est-à-dire aussi bien sur le littoral que sous certaines falaises. On va construire un nouveau quartier pour accueillir ces habitants, ces 104 personnes. L’enquête sociale qui sera menée à partir du mois de septembre va prendre deux formes : des permanences dans un bureau que la mairie mettra à leur disposition pour recevoir les gens concernés mais aussi des déplacements chez l'habitant.

Initié sous la mandature de Marcelin Nadeau, le projet global de relogement d’une partie de la population Prêcheur dont les logements sont menacés par l'érosion est estimé à 15 millions d’euros. A terme, 300 personnes doivent être relogées.

Selon le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), au Prêcheur, le niveau de la mer est monté de 3,5 mm par an ces dix dernières années.

Le trait de côté a considérablement reculé et plusieurs habitants, notamment au quartier Charmeuse, ont déjà perdu leur logement.

Un projet unique et innovant

Pour déplacement une partie de la population du Prêcheur, la ville a confié la Maîtrise d’Ouvrage à l’Agence des 50 pas géométriques mais, en septembre, c’est le bureau d’Etudes C2R Habitat qui va rencontrer les familles, dont le logement est directement menacé par la montée du niveau de la mer, précise Guylène Joseph-Angélique : 

À partir de cette enquête, un certain nombre de conclusions permettront de définir les priorités, d’identifier les personnes prioritaires, la composition de chaque foyer, leurs besoins. Ce projet a été co-construit avec la population puisque nous sommes dans une démarche de démocratie. Rien n’est fait sans que la population ne soit consultée. L’enquête prévue sur trois mois par le bureau d’études devrait être bouclée bien avant.

Unique au niveau national, le projet pensé et anticipé au Prêcheur est totalement innovant, insiste l’édile de la commune.

Dans la démarche elle-même et aussi dans le type de logement que nous allons construire. C'est un projet exemplaire. Nous avons pris les devants. Nous n'avons pas attendu que ces maisons en bordure de littoral soient touchées, même si certains le sont déjà. Il nous faut trouver des solutions et là, une des solutions, c’est habiter les Mornes sans abandonner le littoral. Dans ce projet aussi, il y a l'aspect revégétalisation, protection du littoral, parce qu'il n'est pas question non plus de laisser la mer envahir tout le littoral. Il y a le relogement des gens, la renaturalisation du littoral pour protéger. Ce projet est innovant, aussi bien dans sa forme que dans les matériaux aussi que nous allons utiliser.


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