Les EPCI et la CTM réunis pour statuer sur l’avenir des transports en commun en Martinique
Face à un coût mensuel de 2,3 millions d'euros pour le transport scolaire, la CTM et les EPCI cherchent à combler un déficit global de 10 millions d'euros. Après une avance de 5 millions de la CTM jusqu'au 31 octobre, une contribution de 1,5 million d'euros est sollicitée auprès de chaque intercommunalité.
Les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) vont-ils contribuer au financement du réseau de transport martiniquais ?
La question a été débattue jeudi 3 septembre à l’hôtel de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM).
Les représentants des EPCI du Nord, du Sud et du Centre de l’île, le président de la CTM Serge Letchimy, ainsi que les dirigeants de Martinique Transport se sont réunis pour arbitrer l’avenir des transports en commun locaux.
Le financement du transport scolaire
Cette séance, s’inscrivant dans un cycle de réunions initié le 10 juillet 2026, s’est concentrée durant une heure et demi sur la gestion du transport scolaire.
Actuellement, ce service est assuré jusqu’au 31 octobre grâce à un versement de 5 millions d'euros opéré par la CTM, sur un besoin de financement global évalué à 10 millions d’euros.
Le coût mensuel du transport scolaire s'élève à environ 2,3 millions d’euros.
Afin de garantir le fonctionnement du réseau jusqu'au 31 décembre (fin de l'année civile), une contribution à hauteur de 1,5 million d’euros est sollicitée auprès de chaque EPCI.
Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, détaille la démarche engagée par les acteurs du secteur :
Nous avons engagé, avec Martinique Transport, une réflexion sous forme d'audit, de telle sorte qu'on puisse avoir un plan prévisionnel sur trois années de remise à niveau du transport en termes d'organisation, mais surtout sur le plan purement financier. Parce qu'il y a un écart très important entre les dépenses transports et les recettes transports. Il faut améliorer la recette, c'est pas normal qu'on ait 165 millions d'euros de dépenses et d'avoir simplement 11 millions d'euros de recettes et que ça dépende à 90% des recettes publiques. La solution essentielle, c'est la restructuration globale du transport, rechercher des performances pour que le maximum de personnes puisse payer, ça c'est très important, et aussi regarder comment on peut avoir une organisation qui soit progressive et non pas simplement vouloir atteindre un niveau de décerte maximale sans que pour cela que les recettes soient bien pesées et calculées.
Restructuration et perspectives du transport urbain
Arnaud René-Corail, président du conseil d’administration de Martinique Transport, précise les ajustements en cours :
Nous négocions avec Sud'Lib afin de revoir à la baisse les prestations dans le sud de la Martinique. Les ressources financières actuelles, qu'il s'agisse du Centre, du Nord ou du Sud, ne permettent plus d'honorer les factures du transport urbain. Les échanges avec les EPCI portent d'abord sur le transport scolaire, puis s'élargiront au réseau urbain pour garantir un service minimum sur l'ensemble du territoire. Il n'y a pas encore de calendrier précis concernant le règlement des prestataires de Martinique Transport. Nous cherchons les fonds nécessaires, car c'est ce qui fait défaut aujourd'hui pour relancer le transport urbain.
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