Financement de Martinique Transport : Cap Nord réserve son aide de 1,5 million avant le vote du 24 septembre
Sollicité à hauteur de 1,5 million d'euros par Martinique Transport pour éponger son déficit, Cap Nord conditionne son aide financière. La collectivité exige des garanties sur le réseau et de la transparence de gestion avant le vote décisif du 24 septembre.
Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 31 août, la communauté d'agglomération Cap Nord a clarifié sa position face à la sollicitation financière de Martinique Transport.
L'autorité organisatrice des mobilités, aux prises avec des dettes massives et dans l'incapacité de payer ses prestataires, réclame une contribution de 1,5 million d'euros à la collectivité du Nord.
Si l'exécutif a déjà jugé ce montant inenvisageable en l'état, la décision finale sera votée par les élus lors de la plénière du 24 septembre.
Une équation budgétaire sous tension
Face à cette demande, les représentants du Nord rappellent les fragilités socio-économiques de leur territoire et réclament de la transparence sur la gestion du réseau.
Stéphane Lordelot, 10e vice-président de Cap Nord délégué à l’environnement et à la transition écologique, souligne la précarité des administrés et le besoin de garanties à la veille de la rentrée :
Nous voulons faire bloc pour défendre notre population du Nord, directement touchée par la paupérisation et de multiples inégalités. Nos résidents ne disposent pas de la même capacité fiscale que celle observée dans le Centre ou le Sud. La demande de participation émanant de la CTM suscite donc d'importantes interrogations. À l'heure actuelle, le service de transport ne fonctionne pas correctement. À l'approche de la rentrée des classes, la CTM doit absolument garantir que les bus rouleront pour transporter les élèves. Mais notre soutien ne se fera pas à n'importe quel prix : nous exigeons de comprendre le fonctionnement interne de Martinique Transport et de savoir ce qui explique un tel déficit chez ce satellite de la CTM.
Siège de Cap Nord, au Marigot.
Des dysfonctionnements manifestes
Ce constat alarmant sur la gestion du syndicat mixte est également partagé par Gilbert Couturier, maire du Gros-Morne et élu à Cap Nord, qui alerte sur l'urgence d'assurer le service public sans faire peser un effort disproportionné sur les usagers :
Il est indispensable de faire corps pour protéger les intérêts de nos habitants du Nord, qui subissent de plein fouet la paupérisation et d'importantes disparités. Notre bassin de vie ne peut pas assumer un niveau de fiscalité similaire à celui du Centre ou du Sud. C'est pourquoi cette sollicitation de la CTM envers les EPCI pose question. Aujourd'hui, les dysfonctionnements du réseau sont manifestes. À quelques jours de la rentrée scolaire, la CTM doit impérativement rassurer les familles sur la présence des bus pour acheminer les jeunes vers leurs établissements. Nous ne signerons pas de chèque en blanc : nous voulons faire toute la lumière sur le modèle économique de Martinique Transport et comprendre les raisons d'un tel gouffre financier.
Le refus d'une pression fiscale accrue
La marge de manœuvre financière de Cap Nord reste extrêmement réduite en cette fin d'année.
Pour le président de la collectivité, Bruno Nestor Azerot, ajouter cette dépense imprévue mettrait en péril l'équilibre budgétaire du territoire sans résoudre durablement la crise du transport :
Quand nous n'avons pas les ressources, nous ne pouvons pas donner. Nous arrivons en fin d'exercice budgétaire et les prévisions que nous avions votées ne prévoyaient aucunement un tel versement exceptionnel en faveur de Martinique Transport. Cap Nord s'acquitte déjà normalement de sa contribution habituelle. Sortis à deux reprises de la tutelle de la Cour régionale des comptes, nous conservons une santé financière très fragile. Accorder un avis favorable à Martinique Transport me poserait un réel cas de conscience : la pression fiscale sur le Nord est déjà considérable et il est hors de question de l'alourdir davantage pour simplement "saupoudrer" Martinique Transport. La somme exigée de 1,5 million d'euros ne règlera pas le problème du transport de manière définitive, elle permettra tout au plus de tenir quelques mois.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





