Démission de neuf élus au Morne-Rouge : la loi permet-elle à Andréa Mauzole de conserver son mandat ?
Cinq mois après l’élection d’Andréa Mauzole au Morne-Rouge, la démission de neuf élus de sa majorité fracture le conseil municipal. Entre l'entrée possible des suivants de liste et la réduction du nombre d'adjoints, le cadre juridique offre plusieurs voies pour éviter un retour prématuré aux urnes.
Quel avenir désormais pour la mairie du Morne-Rouge ?
Neuf élus de la majorité d’Andréa Mauzole ont annoncé leur démission, cinq mois seulement après son élection.
Lire aussi : Crise au Morne-Rouge : 9 élus de la majorité municipale d’Andréa Mauzole démissionnent
Vers de nouvelles élections ?
Selon le politologue Justin Daniel, le retour aux urnes dépend directement de la réaction des suivants de liste :
D'abord, je crois qu'il faut distinguer deux choses : la crise politique et la crise juridique. Politiquement, la majorité issue des élections de mars est profondément fracturée. Juridiquement, en revanche, les neuf démissions ne provoquent pas automatiquement de nouvelles élections parce que sept candidats peuvent encore entrer au conseil comme suivant de liste. Je rappelle que la liste qui était conduite par madame la Maire comportait 29 membres, neuf ont démissionné, donc il reste sept membres pour les 22 sièges obtenus par cette liste. Seulement, il y aura malgré tout, deux sièges vacants, mais cela ne suffira pas pour organiser des élections. Pour nous, elles sont bien simples. La condition, c'est qu'il y ait au moins un tiers des membres du conseil qui ne siègent pas ou sont démissionnaires. Notre hypothèse, c'est que les suivants de la liste refusent à leur tour de siéger. Et dans ce cas-là, effectivement, il sera nécessaire d'organiser de nouvelles élections.
Lire aussi : Crise municipale au Morne-Rouge : « Je suis sereine », assure Andréa Mauzole après les démissions de 9 élus
L'option du remaniement
Face au blocage institutionnel, le spécialiste précise le levier dont dispose encore Andréa Mauzole :
Il faut savoir que depuis 2026, pour désigner les adjoints, il faut que le conseil municipal soit au complet. Dans une hypothèse, il pourrait y avoir deux sièges vacants, donc le conseil municipal ne serait pas au complet. Malgré tout, la maire conserve un atout. Il suffirait qu'elle réduise de deux le nombre de postes d'adjoints et le problème serait réglé. Il y a plusieurs hypothèses. Le premier des hypothèses, c'est que les suivants des listes remplacent à hauteur de sept. Et dans ce cas, le conseil municipal continue à siéger normalement. Deuxième hypothèse, les suivants refusent de siéger à leur tour et à ce moment-là, il faudra organiser de nouvelles élections puisqu'il y aura un tiers de siège vacant au conseil municipal. Et puis, troisième hypothèse qui concerne cette fois-ci les deux adjointes démissionnaires, soit que le conseil municipal soit complété, dans ce cas, on part pour de nouvelles élections, soit le conseil municipal décide de réduire le nombre de postes d'adjoints. Dans cette situation, il est possible de continuer à fonctionner.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





