Crise à Martinique Transport : plusieurs élus s’élèvent pour dénoncer la situation de l'entité
Entre impayés aux transporteurs, arrêts de lignes et gouvernance contestée, le secteur des transports en Martinique s'enlise. Face à ce déficit structurel, la parole se libère avec les réactions des élus locaux Daniel Marie-Sainte, Yan Monplaisir et Catherine Conconne.
Le secteur des transports en Martinique traverse une zone de turbulences inédite.
Alors que l’autorité organisatrice et la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) s’efforcent de trouver en urgence des solutions pour apurer les créances dues aux transporteurs des zones Nord et Centre, le réseau Sud'Lib a annoncé un arrêt de ses services pour des motifs budgétaires similaires.
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Un déséquilibre structurel constaté
Face à cette dégradation, la protestation monte chez plusieurs élus locaux.
Un membre du conseil d’administration de Martinique Transport apporte son éclairage sur les origines de cette impasse.
Selon Daniel Marie-Sainte, élu de l’opposition (Gran Sanblé) siégeant au conseil depuis 2021, la structure pâtit d’un déséquilibre structurel entre ses dépenses et ses recettes, accentué par des promesses de financement non honorées au moment de la création des deux réseaux du Nord.
Entre besoins et financements
L'élu pointe avant tout une inadéquation fondamentale entre l'offre de transport déployée sur le territoire et les moyens budgétaires alloués pour la soutenir. Daniel Marie-Sainte explicite l'origine de ce déficit financier :
Des engagements sont pris pour déployer des services qui répondent aux attentes de la population, mais les recettes attribuées ne permettent pas de couvrir ces dépenses. C’est là le problème originel. Les responsables et ordonnateurs des trois EPCI doivent faire un choix clair : soit l'on répond pleinement aux besoins en matière de transport scolaire et collectif, mais cela a un coût qu'il faut assumer en apportant les ressources en face. Lors de mon arrivée, l'ancien président David Zobda soulignait la nécessité de créer des lignes adaptées aux demandes, tout en rappelant que les financeurs devaient suivre. C'est à ce niveau qu'il y a eu un manque. En tant que représentant de l'opposition, je pose régulièrement la question sans obtenir de réponse claire.
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L'absence des exécutifs au conseil d'administration
Au-delà des arbitrages budgétaires, le conseiller territorial met en cause la gouvernance de l'établissement public et le niveau de représentation des collectivités membres. Daniel Marie-Sainte soulève ce dysfonctionnement institutionnel :
Les engagements qui auraient été pris pour augmenter les ressources de Martinique Transport, tant par les EPCI que par la CTM, n'auraient pas été respectés d'après l'ancienne présidence. Il existe une faille au niveau de la gouvernance : bien que les statuts prévoient que les présidents exécutifs de la CTM et des trois EPCI soient membres de droit du conseil d'administration, aucun d'entre eux n'est venu siéger depuis mon arrivée en 2021, contrairement à ce qui se faisait sous la mandature d'Alfred Marie-Jeanne. Ils envoient des délégués qui ne disposent pas du pouvoir d'ordonnateur et ne peuvent donc pas prendre d'engagements fermes. Lorsqu'ils votent, rien ne garantit que leurs décisions seront suivies par les collectivités qu'ils représentent.
Monplaisir dénonce un "fiasco"
Dans un communiqué daté du 4 septembre, Yan Monplaisir, maire de Saint-Joseph, exprime son indignation face au silence des dirigeants politiques et pointe les responsabilités administratives directes.
L'élu appelle à une remise à plat de la gestion financière :
Il faut le dire clairement : la responsabilité première de cette situation incombe aux élus de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), et en premier lieu à ceux qui composent la majorité. Mais elle concerne également les élus de l'opposition [...]. Face à un tel fiasco, l'ensemble des élus martiniquais, y compris ceux qui ne portent pas directement la responsabilité de cette situation, ne peuvent rester indifférents. Il faut donc appeler avec insistance la CTM et Martinique Transport à prendre, sans délai, toutes les mesures nécessaires pour sortir de cette crise d'une exceptionnelle gravité.
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Catherine Conconne prône la responsabilité collective
De son côté, la sénatrice et conseillère territoriale Catherine Conconne adopte une posture de rassemblement dans sa tribune.
Refusant les accusations stériles, elle invite l'ensemble des acteurs institutionnels et citoyens à revoir leurs prétentions budgétaires pour retrouver un équilibre réaliste :
Notre transport public est notre affaire, notre propre affaire. Celle de la CTM qui certes paye déjà un lourd tribut financier, celle des EPCI qui ne peuvent simplement se dédouaner [...]. L'heure est grave mais ne nous exonère pas de nous ceindre les reins pour aborder un nouveau cycle qui pourrait être plus raisonnable, plus ajusté à nos moyens, mieux pensé et mieux construit. L'heure est grave mais nous appelle tous ensemble à une responsabilité qui dépasse les colères et les calculs politiques. Nous devrons tous ensemble user de toutes nos ressources en solidarité [...]. Nous portons une responsabilité collective, il faudra l'assumer....collectivement.
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