Procès en appel d’un homme "très dangereux" soupçonné d’une fusillade aux Terres Sainville : la défense demande la relaxe
Condamné à huit ans de prison en première instance, un homme de 30 ans était rejugé en appel ce jeudi (3 septembre 2026). Il est soupçonné d’avoir participé à une fusillade aux Terres Sainville. La défense conteste son implication et demande sa relaxe.
Le prévenu, âgé de 30 ans, dominicain et saint-martinois, avait été interpellé le 28 janvier 2026.
Il est soupçonné d’avoir participé à une fusillade aux Terres Sainville. Lors de l’enquête, plusieurs victimes et témoins l’avaient formellement désigné, évoquant notamment ses tatouages en forme de larmes au niveau des yeux.
Son arme et une moto auraient également été identifiées dans le dossier. Pourtant, trois ans après les faits, les témoins sont revenus sur leurs déclarations à la barre. La cour s’est interrogée sur une possible intimidation.
Les victimes ne participent plus à la procédure
Les avocats des parties civiles étaient présents à l’audience, mais les victimes ne participent plus à la procédure depuis 2024.
La victime principale, elle aussi originaire de Saint-Domingue, ne s’était déjà pas présentée au procès en première instance et ne donne désormais plus de nouvelles à son avocat.
Elle avait été atteinte par plusieurs balles au bassin, aux fesses et aux testicules et conservera un handicap à vie.
La cour a cherché à comprendre les raisons de cette absence et s’est notamment demandé si la victime pouvait craindre l’accusé.
De son côté, le prévenu affirme qu’il n’a jamais vu cette victime et qu’il a toujours maintenu la même version des faits.
La défense invoque son état de santé
L’un des principaux arguments de la défense concerne l’état physique de l’accusé au moment des faits. Trois mois auparavant, il avait lui-même été touché par neuf balles au bras et au torse.
Selon la défense, un expert médical avait estimé qu’à cette période, il était dans l’incapacité de tenir quoi que ce soit. Le parquet ne conteste pas les conclusions médicales, mais estime qu’elles n’excluent pas totalement sa participation.
Selon le procureur, il pouvait être « difficile », mais pas impossible, pour l’accusé de monter sur une moto trois mois après ses blessures.
Un mobile toujours incertain
La défense souligne également l’absence de mobile clairement établi.
Elle estime qu’il n’existe pas suffisamment d’éléments pour démontrer que son client était bien la personne présente sur la moto au moment de la fusillade.
Elle rappelle aussi qu’au cours d’une première confrontation, certaines parties civiles avaient déclaré que le prévenu n’était pas le tireur.
Ce n’est pas à cause d’un climat de terreur qu’ils ne viennent pas, c’est tout simplement parce que ce n’est pas lui, a plaidé son avocat
La défense a demandé la relaxe.
Huit ans de prison en première instance
Le prévenu avait été condamné à huit ans d’emprisonnement le 1er juillet 2026.
Le ministère public a de son côté insisté sur le fait que la victime et ses proches avaient, dès le début de l’enquête, désigné l’accusé comme étant le tireur.
Il a aussi rappelé que celui-ci compte plusieurs condamnations à son casier judiciaire, notamment pour des faits liés aux stupéfiants, aux violences et aux violences avec arme. Lors du réquisitoire, l'avocat général a décrit le prévenu comme un homme qui "présente bien" et "très séducteur" mais dont "il faut absolument protéger la société (...) d'une personne très dangereuse".
Le délibéré sera rendu le 10 septembre à 8 heures.
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