Non-lieu du chlordécone : les collectifs s'engagent en cassation et doivent réunir environ 80 000 euros
Ce vendredi (10 juillet), après le non-lieu dans l'affaire du chlordécone, les collectifs Lyannaj Pou Dépolyé Matinik et Gaoulé Kont Chlordécone ont annoncé leur pourvoi en cassation. Ils doivent réunir 80 000 euros d'ici fin août pour financer ces procédures.
Après le non-lieu prononcé le 22 juin dernier dans le dossier pénal du chlordécone, les collectifs Lyannaj pou dépolyé Matinik et Gaoulé kont chlordécone ont souhaité faire le point sur les suites judiciaires de leur combat.
Lire aussi : Non-lieu dans le scandale du chlordécone : plus de 500 parties civiles se pourvoient en cassation
L'un de leurs avocats, Me Constant, a réaffirmé sa volonté de porter l'affaire devant la Cour de cassation afin de poursuivre la quête de justice.
Le choix de la cassation
Me Raphaël Constant, bâtonnier, explique cette décision d’emmener l’affaire en cassation :
Le recours en cassation est le seul recours actuel que les victimes de l'empoisonnement, qui s'étaient constituées devant la chambre de l'instruction de Paris, ont pour contester la décision de la Cour d'Appel. Celle-ci a consisté à confirmer, sous des formes différentes de l'ordonnance elle-même, le non-lieu. Nous faisons ce pourvoi pour essayer de convaincre la Cour de cassation qu'il y a des raisons de casser cette décision pour repartir ensuite dans une procédure d'instruction. Nous sommes parfaitement conscients que les faits datent de plusieurs décennies et que la détermination des responsabilités individuelles et pénales n'est pas facile après autant de temps.
Le défi financier
Pour mener cette nouvelle étape de la procédure, les collectifs ont fait appel à des avocats spécialisés. Une démarche qui représente un coût d'environ 80 000 euros, une somme qu'ils espèrent réunir d'ici à la fin du mois d'août.
Philippe Pierre-Charles, membre du collectif martiniquais Gaoulé Kont Chlordécone, détaille la raison de ce coût particulièrement élevé :
Le coût est énorme puisque nous sommes à la fois au niveau du pénal et au niveau du tribunal administratif, avec la Cour de cassation d'un côté et le Conseil d'État de l'autre. Les avocats sur ce terrain-là sont des spécialistes. Ce ne sont pas ceux qui sont avec nous en ce moment et qui, heureusement, nous aident bénévolement. Ceux-là, on est obligés de les rétribuer, et cela atteint au moins 80 000 € pour les deux procédures. C'est clairement une tentative d'asphyxie économique pour nous amener à lâcher prise, mais le combat n'est pas fini.
Une lutte globale
Les collectifs inscrivent désormais leur action dans une vigilance plus large face aux risques environnementaux globaux. Philippe Pierre-Charles conclut sur les perspectives de ce mouvement :
L'un des éléments nouveaux de la situation, c'est que le lien entre l'ensemble de ces polluants et de ces pesticides est de plus en plus évident. Nous sommes en phase avec les personnes qui se battent en France contre le glyphosate, qui nous frappe aussi, ou contre les pesticides néonicotinoïdes. Nous pouvons aussi prendre courage en nous référant au combat contre les firmes qui ont répandu l'agent orange au Vietnam.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.







