Escroquerie à la carte bancaire en Martinique : trois hommes condamnés, 34 victimes

Par 25/09/2026 - 14:38 • Mis à jour le 26/09/2026 - 07:49

Trois hommes âgés d’une vingtaine à une trentaine d’années ont été condamnés ce vendredi 25 septembre par le tribunal pour leur participation à un réseau d’escroquerie à la carte bancaire. Les victimes étaient contactées par de faux conseillers bancaires avant que des coursiers ne viennent récupérer leurs cartes et leurs codes. L’un des prévenus écope de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme.

    Escroquerie à la carte bancaire en Martinique : trois hommes condamnés, 34 victimes
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Ils étaient plus d’une dizaine à avoir fait le déplacement au tribunal ce vendredi matin : retraités, représentants d’établissements scolaires ou encore d’associations.

34 personnes ont été victimes, entre juin 2025 et janvier 2026, d’un système d’escroquerie particulièrement organisé.

Le mode opératoire commençait généralement par un SMS présenté comme provenant d’une banque ou de la Banque de France. De faux conseillers bancaires prenaient ensuite contact avec les victimes en leur faisant croire à une opération urgente destinée à sécuriser leurs comptes.

Des personnes se présentant comme des coursiers se rendaient alors à leur domicile pour récupérer leurs cartes bancaires et leurs codes secrets.

Les cartes étaient ensuite utilisées pour effectuer des retraits, des virements ou acheter des produits facilement revendables. Dans cette affaire les policiers de la DTPN avaient réussi à interpeller quatre auteurs après de longues semaines d'enquête au début de l'année 2026.

Plus de 20 victimes âgées de plus de 70 ans

Le procureur a décrit à l’audience un processus reposant sur une véritable répartition des tâches : collecte des données personnelles des futures victimes, prise de contact, récupération des cartes puis utilisation des moyens de paiement.

Selon le ministère public, plus de 20 victimes avaient plus de 70 ans, la plus âgée ayant 90 ans.

Le procureur a aussi insisté sur le mécanisme psychologique utilisé par les escrocs : créer un sentiment d’urgence lié à un prétendu piratage tout en rassurant les victimes grâce à des informations personnelles exactes.

Plusieurs mois après les faits, certaines victimes ont raconté rester profondément marquées.

En pleurs à la barre, l’une d’elles a expliqué :

Ils se sont présentés chez nous le soir. J’étais seul avec mes deux chiens. J’ai eu très, très peur. Sous la pression, j’ai fait des choses que je n’aurais jamais dû faire.

Face au sentiment de culpabilité exprimé par plusieurs parties civiles, le procureur leur a rappelé qu’elles n’avaient, selon lui, « rien à se reprocher ».

Une association sportive privée de 17 000 euros

Au-delà du préjudice psychologique, les pertes financières sont parfois importantes.

Une association sportive a notamment indiqué avoir perdu 17 000 euros, une somme qui devait financer un déplacement dans l’Hexagone.

Notre rédaction avait également relaté l'escroquerie subie par une femme qui s'était vue dérober 9000 euros sur son compte bancaire en fin d'année 2025.

Les fonds détournés servaient notamment à des retraits en espèces ou à l’achat de biens facilement revendables. Le procureur a cité l’exemple de téléphones envoyés dans l’Hexagone pour être écoulés au marché noir.

Trois prévenus face au tribunal

Trois jeunes hommes ont comparu dans cette affaire. Deux étaient présents dès le début de l’audience, tandis qu’un troisième est arrivé avec plus de deux heures de retard.

Le président du tribunal a présenté ce dernier comme l’un des principaux interlocuteurs du réseau, notamment dans les échanges avec des personnes résidant dans l’Hexagone.

Le prévenu a contesté avoir joué un rôle particulier et déclaré souhaiter que les victimes soient indemnisées. Le tribunal a toutefois relevé plusieurs éléments du dossier, dont des factures établies à son nom et sa présence sur des images de vidéosurveillance.

Les trois hommes ont reconnu une partie des faits mais ont contesté leur implication dans certains aspects du réseau.

Jusqu’à un an de prison ferme

À l’issue de l’audience, le tribunal a prononcé des peines différentes selon le rôle retenu pour chacun.

Un premier prévenu a été relaxé pour une partie des faits concernant une période déterminée, mais reconnu coupable pour le reste. Il a été condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans. Il devra notamment travailler, indemniser les parties civiles et ne pas entrer en contact avec les victimes ni avec les autres prévenus.

Un deuxième a été reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés et condamné à 10 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans, avec les mêmes obligations d’indemnisation et d’interdiction de contact.

Les deux hommes sont également privés de leur droit d’éligibilité pendant deux ans et seront suivis par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation.

Le troisième prévenu, présenté comme un protagoniste important du réseau, écope de la peine la plus lourde : deux ans d’emprisonnement, dont un an assorti d’un sursis probatoire, soit un an de prison ferme. Le tribunal a prononcé un mandat de dépôt à effet différé.

Les prévenus disposent désormais de 10 jours pour faire appel de la décision.


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