Décès d'une piétonne au Robert en septembre 2025 : un conducteur reconnu coupable d'homicide routier
Le tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné lundi soir (19 janvier 2026) un homme de 32 ans impliqué dans la mort d'une femme de 48 ans en septembre 2025 sur la route nationale 1 au Robert. Le conducteur qui avait pris la fuite après avoir percuté la piétonne a été reconnu coupable d'homicide routier.
Dès l’ouverture des débats, le président rappelle les circonstances de l’accident survenu le 6 septembre dernier. Il précise que les gendarmes ont identifié le prévenu à la suite d’un signalement anonyme concernant un utilitaire fortement endommagé, appartenant à une entreprise de transport de personnes à mobilité réduite.
"J'ai perdu le contrôle de moi-même"
Confronté par ses employeurs, le prévenu nie d’abord toute implication, puis reconnaît finalement sa responsabilité. À la barre, devant les sœurs et les enfants de la victime, il explique avoir percuté la femme de 48 ans par accident : "Il pleuvait, je roulais à 50 ou 60 km/h. Elle a surgi de nulle part", affirme t-il.
Il évoque ensuite sa panique : "Quand j’ai entendu le boum, je l’ai vue sur mon pare-brise. J’ai perdu le contrôle de moi-même".
Ces déclarations sont toutefois contredites par les conclusions de l’autopsie. Les experts relèvent des fractures ouvertes, des lésions graves aux vertèbres cervicales et des blessures incompatibles avec un choc à faible vitesse.
Avant le délibéré, l'homme de 32 ans s’adresse une dernière fois à la famille de la victime : "Je pense chaque jour à cette dame et à sa famille et leur présente mes sincères condoléances".
Le tribunal souligne les antécédents judiciaires du prévenu, comprenant des condamnations pour conduite sans permis, conduite sous l’emprise de l’alcool et usage de stupéfiants.
"Pourquoi ne pas s'être arrêté ?"
Les avocats des parties civiles s’interrogent sur son comportement : "Pourquoi ne pas s’être arrêté? Pourquoi ne pas avoir appelé les secours?", s’indigne l’une d’elles.
Une autre dénonce le non-respect du code de la route : "Vitesse inadaptée, vigilance insuffisante, anticipation absente". Un constat partagé par le procureur qui dénonce la répétition de tels homicides routiers involontaires ainsi qu’un comportement jugé irresponsable.
D'autant plus qu'à la barre, le prévenu reconnaît avoir consommé de l'alcool le soir de l'accident sans que son taux d'alcoolémie n'ait pu être mesuré puisqu'en fuite après le choc. Il n'avait été arrêté que trois semaines plus tard.
Le ministère public requiert trois ans de prison, dont un an assorti d’un sursis probatoire de deux ans.
De son côté, l’avocat de la défense reconnaît la responsabilité de son client, tout en soutenant la thèse qu’un deuxième véhicule qui pourrait être impliqué.
Maintien en détention
Finalement, le tribunal condamne le jeune homme à trois ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois avec sursis probatoire de deux ans, avec maintien en détention. Le sursis probatoire implique notamment l’obligation de travailler, d’indemniser les parties civiles et de verser une somme au Trésor public.
Par ailleurs, son permis de conduire est annulé, avec interdiction de le repasser pendant cinq ans.
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