Condamnation de Kévin Héry : « Ce n'est pas la peine qui m'importait », réagit l'avocate de la victime
Reconnu coupable de violences conjugales ayant entraîné un handicap à vie pour sa compagne, Kévin Héry a été condamné à sept ans de prison ferme à Fort-de-France. Si la peine reste inférieure aux réquisitions, l'avocate de la victime salue une reconnaissance judiciaire essentielle.
Sept ans de prison ferme. La cour criminelle de Fort-de-France a rendu son verdict ce jeudi (3 septembre) à l'encontre de Kevin Héry, reconnu coupable de violences par conjoint ayant entraîné une infirmité permanente.
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Des faits d'une extrême gravité
Les faits remontent au 10 octobre 2023, sur la commune du François. L'accusé a poussé sa compagne hors de son véhicule alors qu'il circulait à près de 70 km/h.
Victime d'un sévère traumatisme crânien, la jeune femme est aujourd'hui handicapée à vie et dépendante.
Outre sa peine de prison, de laquelle seront déduits les trois ans déjà effectués en détention provisoire, Kevin Héry devra verser 4 000 euros à la tutrice de la victime.
Une condamnation légèrement inférieure aux réquisitions du ministère public, qui réclamait dix ans de réclusion criminelle.
Une défense qui envisage de faire appel
Du côté de la défense, qui plaidait la relaxe, les circonstances de l'altercation au sein du véhicule restent floues.
C'est effectivement en dessous des réquisitions, mais cela reste très décevant. Mon confrère souhaite interjeter appel, et c'est une discussion que nous devons avoir, car l'appel doit évidemment être envisagé. À ce stade, je suis assez impatient de lire la décision. Nous ne savons toujours pas si nous sommes condamnés pour avoir poussé la plaignante ou pour une dispute qui aurait dégénéré, ce qui est peut-être la thèse de l'accusation.
Sommes-nous déclarés coupables pour autre chose ? Nous l'ignorons, car plusieurs thèses sont avancées et nous ne savons pas laquelle a été retenue aujourd'hui, ni sur quelle hypothèse nous devions nous défendre. Une nouvelle théorie émerge, selon laquelle il y aurait eu une dispute au cours de laquelle des violences auraient été commises, poussant Mme Cadrot à s'éjecter du véhicule. Or, cela n'avait jamais été évoqué jusqu'à présent, ni par l'accusation, ni par le juge d'instruction, ni par quiconque.
La satisfaction et le soulagement de la partie civile
Pour les parties civiles, en revanche, cette reconnaissance de culpabilité apporte un réel soulagement, comme en témoigne Me Paméla Robertière, avocate de la victime.
Quelle que soit la peine retenue, son quantum n'aurait de toute façon jamais été à la hauteur de la gravité des blessures et de l'infirmité de la victime. Ce n'est donc pas la peine en elle-même qui m'importait, mais la reconnaissance des violences et l'attribution du statut de victime à ma cliente. C'est le cas aujourd'hui, et c'est ce qui est satisfaisant. Cela lui ouvre un droit à indemnisation devant la CIVI, la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions, face au fonds de garantie. Cette étape est indispensable pour obtenir une réparation financière et lui permettre d'établir un nouveau projet de vie : réaliser un rapprochement familial, bénéficier d'auxiliaires de vie en permanence à ses côtés, acquérir un véhicule aménagé pour se déplacer, et redevenir pleinement actrice de son existence en prenant ses propres décisions.
Elle a dû quitter l'audience en milieu de journée en raison d'une trop grande fatigue. Mais ce que je retiens de sa venue aujourd'hui, malgré la difficulté évidente de l'épreuve, ce sont les moments de joie : elle a pu revoir sa mère, dont elle était séparée physiquement depuis près d'un an, ainsi que deux amies dont elle n'avait plus de nouvelles depuis l'accident. Ce sont ces précieux instants de bonheur et de lien social, qu'elle n'a plus au quotidien aujourd'hui, qu'il faut garder en mémoire.
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