Attaque au SPIP de Fort-de-France : quatre ans de prison, dont trois ferme, pour Michel L.

Par 07/09/2026 - 18:28 • Mis à jour le 08/09/2026 - 05:38

L’homme jugé ce lundi pour l’attaque survenue le 15 juillet au SPIP de Fort-de-France a été reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés. Michel L. a été condamné à quatre ans de prison, dont un an assorti d’un sursis probatoire

    Attaque au SPIP de Fort-de-France : quatre ans de prison, dont trois ferme, pour Michel L.
Salle d'audience du tribunal judiciaire de Fort-de-France. ©RCI Martinique

Le tribunal a prononcé une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire. Le prévenu reste donc condamné à trois années de prison ferme.

Le sursis probatoire est notamment assorti d’une obligation de soins et d’une obligation de travailler.

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Le tribunal a également prononcé une interdiction de séjour en Martinique pendant cinq ans ainsi qu’une interdiction totale d’entrer en contact avec les victimes.

Une indemnisation de 1 000 euros a par ailleurs été accordée à chacune des victimes.
 

On souhaite garder un œil sur vous le plus longtemps possible. Vous n’avez rien à faire ici", a lancé le président du tribunal après l'annonce de la décision

Quatre ans avaient été requis

Le ministère public avait requis quatre ans d’emprisonnement avec maintien en détention.

Il avait également demandé une interdiction de contact avec les victimes pendant trois ans, une interdiction de séjour en Martinique pendant cinq ans et une interdiction de porter ou de détenir une arme pendant cinq ans.

Au cours de ses réquisitions, la procureure avait insisté sur la violence des faits et sur leurs conséquences pour les personnels, regrettant de ne pouvoir demander la requalification des faits en tentative d'assassinat.

Dix victimes bénéficient, selon les éléments évoqués à l’audience, de suivis psychologiques ou psychiatriques.

Je voulais dire aux victimes du SPIP qu’on les entend », a déclaré la procureure.

Des agents retranchés dans leurs bureaux

Les faits s’étaient déroulés le 15 juillet. Les policiers avaient été appelés pour un homme menaçant des membres du Service pénitentiaire d’insertion et de probation de Fort-de-France avec une arme blanche.

À leur arrivée, plusieurs vitres étaient brisées et du matériel électronique avait été saccagé.

Selon les témoignages rapportés à l’audience, plusieurs agents avaient dû se réfugier dans des bureaux. Certains avaient tenté de maintenir une porte fermée, notamment à l’aide d’une photocopieuse, pendant que l’homme portait des coups avec son arme.

Il aurait notamment déclaré :

Vous verrez c’est quoi la justice, je vais vous montrer ma justice.

Des agents de sécurité étaient finalement parvenus à le convaincre de déposer son arme avant l’arrivée de la police.

Le prévenu affirme ne garder aucun souvenir des faits

À l’audience, l’homme de 67 ans n’a pas véritablement contesté les faits, mais a affirmé ne pas s’en souvenir.

C’est le vide total, comme si j’avais fait un rêve

Il a expliqué avoir été hospitalisé quelques jours auparavant et avoir été dans un état de grande détresse psychologique. Il affirme également que les médicaments qu’il prenait ont affecté son état.

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Le prévenu a indiqué avoir présenté ses excuses et demandé pardon.

L’expertise psychiatrique versée au dossier écarte toutefois l’hypothèse d’un état dissociatif. Selon l’expert, sa responsabilité pénale était entière au moment des faits. Son comportement aurait davantage été lié à la colère et à une difficulté à supporter la frustration.

Un lourd passé judiciaire

Le tribunal a également examiné le parcours du prévenu.

Son casier judiciaire comporte 34 mentions, notamment pour destructions de biens, vols, outrages, violences, menaces de mort réitérées ou encore harcèlement moral. Son parcours pénal remonte à 1984 et il a déjà été incarcéré à plusieurs reprises.

Trois policiers avaient également déposé plainte après l’intervention, notamment pour des outrages, dont des propos à caractère raciste.

La défense a elle-même reconnu la difficulté du profil de son client tout en rappelant que son rôle était de défendre ses droits et de replacer les faits dans le contexte de son état psychologique.


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