4 ans de prison dont un ferme pour l’accident mortel du 24 décembre sur la voie du TCSP

Par 14/02/2026 - 06:50 • Mis à jour le 14/02/2026 - 13:43

INFO RCI. L’auteur de l’homicide involontaire du 24 décembre dernier; veille de Noël, sur la voie du TCSP à Fort-de-France a été condamné hier (vendredi 13 février). Âgé de 18 ans, il était jugé pour avoir renversé à moto une piétonne et mère de famille de 65 ans., provoquant son décès.

    4 ans de prison dont un ferme pour l’accident mortel du 24 décembre sur la voie du TCSP
Photo MG / RCI

L’accident survenu le 24 décembre, veille de Noël, a marqué les esprits. Vers 8h30, une piétonne de 65 ans était violemment percutée par un deux-roues sur le boulevard Maurice Bishop, à Fort-de-France.

Prise par les pompiers en charge en urgence absolue, cette maman de 65 ans n’a pas survécu à ses blessures. Le pilote de l’engin, qui avait terminé sa course sous un BHNS, avait d’abord quitté la scène de l’accident avant de revenir sur place.

Interpellé puis placé sous contrôle judiciaire, ce jeune âgé de 18 ans était jugé hier, en comparution immédiate pour homicide involontaire. La justice lui reproche une série d’infractions routières graves.

Il cumule les délits routiers

Le jour des faits, il circulait sur la voie du TCSP sans permis, sans assurance, sous l’emprise de stupéfiants et avec une vitesse excessive. Le parquet a également retenu un délit de fuite à son encontre.

Pour rappel, c’est notamment cet accident qui avait déclenché le mouvement de grève des chauffeurs de BHNS.

Déjà connu du tribunal pour enfants, le prévenu a exprimé des regrets hier à l’audience où il comparaissait libre.

Mais, pour la procureure, les faits sont extrêmement graves. Elle a requis de lourdes peines au procès du jeune pilote : 5 ans de prison dont 3 ans ferme et 2 ans de sursis probatoire pendant deux ans, avec un certain nombre d’obligations.

À savoir : obligation de soins, de travailler, d'indemniser les victimes et le Trésor Public. La magistrate a également sollicité un mandat de dépôt à l'audience.

À l’issue de leur délibéré, les juges ont pourtant été en-deça des réquisitions. Le prévenu est ressorti libre.

Mais il écope d’une peine de 4 ans de prison dont 1 an ferme et deux ans de sursis probatoire avec les obligations de soins, de travail, d’indemniser les 5 enfants et 4 petits-enfants de la victime, ainsi que le Trésor Public.

La présidente a décidé à l’audience d’une placement sous bracelet électronique pour la partie ferme de prison.

Des réactions contrastées des deux côtés de la barre

Pour Me Alexandre Thiriez, avocat du prévenu, c’est la posture générale de son client qui a motivé la décision des juges.

Son investissement pendant qu'il était sous contrôle judiciaire, le fait qu'il se reprenne en main et le fait qu'il se présente devant la juridiction en sachant qu'il risque une peine de prison. La première des obligations du contrôle judiciaire, c'est de ne pas commettre d'infraction et il a régularisé la totalité de sa situation personnelle. Il a arrêté les stupéfiants, il voit un médecin pour se soigner, il a arrêté de conduire des motos dont il n'avait pas la possibilité ni le droit de conduire. C'est quelqu'un qui est rentré dans le droit chemin et je pense que la juridiction l’a vu.

Pour l’avocat, le mis en cause est un « jeune au parcours cabossé » mais en phase de résintertion.

Il a exprimé énormément de regrets, énormément de tristesse. Il a fait part à la juridiction du fait qu'il n'arrive plus à dormir du fait de cette infraction qui est survenue. Cela a bouleversé sa vie et, je pense, restera ancré en lui pour toujours.

Pour les proches de la victime pourtant, la condamnation plus légère que les réquisitions n’a pas les mêmes conséquences.

C’est ce que déplore Me Philippe Edmond-Mariette, avocat des parties civiles.

La famille B. est très malheureuse. Elle vit mal le prononcé de la peine. Les réquisitions du procureur de la République étaient de 5 ans, trois ans ferme et deux ans avec sursis. Or, la décision rendue par le tribunal est une peine ramenée à 4 ans, avec un an ferme aménageable, et trois ans de sursis probatoire. On peut comprendre la jeunesse et le parcours cabossé de l'auteur des faits qui n'a que 18 ans et 2 mois au moment des faits mais de l'autre côté, il y a une mère de famille de 5 enfants qui est morte et je trouve que ce n’est pas cher payé du tout. Les cinq enfants sont parties civiles et sont partis avec un sentiment de double chagrin. Et sans doute, peut-être, en arrière-pensée, le fait que la justice, peut-être, n'était pas bien passée. C’est comme une double peine pour eux

 


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