L'Université des Antilles a délivré les premiers diplômes de cadres intermédiaires de la filière banane

Par • Mis à jour le 12/05/2016 - 20:06

La première promotion du diplôme universitaire des cadres intermédiaires de la filière banane (DUCIBA) délivrée par l'Université des Antilles (UA) est sortie. Au terme d'une année de formation en alternance au management d'une exploitation bananière, huit jeunes martiniquais ont soutenu leur mémoire avec succès.

    L'Université des Antilles a délivré les premiers diplômes de cadres intermédiaires de la filière banane
Marie-Elise, Kevin et six autres étudiants de la première promotion du diplôme universitaire des cadres intermédiaires de la filière banane (DUCIBA-BAC+3) viennent d'obtenir ce sésame au terme d'une année de formation entamée en mars 2015. Le diplôme leur a été remis, mercredi 11 mai 2016, lors d’une cérémonie à l’UA.

Ces jeunes martiniquais, venus du Vauclin ou de Trinité notamment, sont âgés de 20 à 39 ans. Et ils sont heureux d'être les premiers lauréats du DUCIBA. Ils ont ceci en commun de vouloir reprendre une exploitation familiale. Autant dire que l'ouverture, il y a un an, d'une formation au management d'une exploitation bananière est tombée à point nommé.

Durant une année, ces nouveaux diplômés ont dû apprendre à concilier une formation aux tâches agricoles et une formation théorique dispensée sur le campus de Schoelcher à l'Université des Antilles. Il s'agissait en effet d'une formation en alternance avec un rythme mensuel d'une semaine à l'université et trois semaines en exploitation.

Fort du succès de cette première promotion, des réflexions sont en cours avec les professionnels du secteur pour lancer une seconde promotion. Selon la coordinatrice du DUCIBA, Martine Bocquet, les 8 diplômés sur les 9 étudiants à avoir suivi cette formation ont "une chance extraordinaire car, à l'issue de ce cursus, tous les jeunes sont embauchés sur leurs exploitations".

Seule femme parmi les diplômés, Marie-Elyse Prissaint entend reprendre l'exploitation agricole de sa maman. Et pour elle, ce diplôme est loin d'être un luxe. Cette jeune femme de 26 ans, qui semble très déterminée, y voit un atout non négligeable pour le développement de son activité une fois qu'elle sera à la tête de son exploitation.

"Je suis dans la banane depuis toute petite parce que ma mère a une exploitation que je vais reprendre à sa retraite. C'est une occasion pour moi de prendre mes marques et d'engranger de l'expérience pour pouvoir encadrer du personnel, nous a-t-elle confié, lors de la remise des diplômes, le 11 mai 2016 sur le campus.

"J'ai des projets pour agrandir l'exploitation familiale et augmenter la cadence de production, je préfère travailler sur les grandes exploitations pour améliorer la mienne quand ma mère partira à la retraite", nous a encore dit Marie Elyse qui estime que le métier exige de l'assurance en soi. "Il ne faut pas se sentir intimidé face aux autres non plus parce que ceux qu'on encadre seraient plus âgées que nous," nous a-t-elle encore confié.

Et on lui dit... bonne chance ?

Jean-Philippe Ludon avec Peggy Saint-Ville
@jpludonrci